Lancé à l'automne dernier avec l'ambition de proposer une liaison plus rapide entre Quimper, Lorient, Vannes et Nantes, le Breizh Go Express Sud (BGBS) devait incarner la montée en puissance du ferroviaire breton. Dix mois plus tard, le collectif d'usagers TER Bretagne Sud dresse pourtant un constat sévère : si les temps de parcours ont été améliorés, la desserte des gares intermédiaires continue de se dégrader, particulièrement durant la période estivale.
Selon le collectif la nouvelle grille horaire de l'été réduit fortement les possibilités de déplacement pour les actifs.
« Depuis plusieurs années, nous alertons sur la faiblesse de l'offre estivale. Avec l'arrivée du Breizh Go Express Sud, nous espérions enfin conserver une partie des trains supplémentaires mis en place en septembre. Finalement, nous revenons à une desserte minimale, alors même que la Bretagne connaît son plus fort afflux de voyageurs. » nous confirme Stéphanie Grevet membre du collectif BGBS.
Entre Auray et Quimper, un seul TER circule le matin dans chaque sens. "À Bannalec, les usagers ne disposent également que d'un unique train aux heures d'embauche, tandis que le premier train au départ de Lorient vers Quimper après la journée de travail ne part qu'à 17 h 45". nous confirme t-elle.
Pour les représentants des voyageurs, cette offre est loin de répondre aux besoins quotidiens des pendulaires. Une belle occasion. de reprendre sa voiture...
« Nous ne demandons pas des trains à grande vitesse. Nous demandons simplement un véritable service public ferroviaire du quotidien. Réduire l'offre l'été, c'est pousser des salariés à reprendre leur voiture au moment même où l'on demande aux Français de privilégier le train. » s'insurge t-elle.
Les critiques dépassent la seule question des horaires. Le collectif estime que cette baisse de l'offre estivale pousse inévitablement une partie des usagers à reprendre leur voiture, au moment même où les collectivités encouragent le report modal et investissent massivement dans le ferroviaire. Les touristes eux-mêmes, pourtant nombreux en Bretagne durant l'été, disposent de moins de possibilités pour circuler en train sur le territoire.
Cette prise de position illustre une difficulté désormais bien connue des autorités organisatrices : concilier des liaisons rapides entre les principales métropoles tout en maintenant une desserte attractive des gares intermédiaires. L'équation est délicate. Chaque arrêt supplémentaire allonge les temps de parcours des trains express, mais sa suppression fragilise l'attractivité du réseau pour les territoires traversés.
Au fond, le débat dépasse largement le cas breton. Il renvoie à une question que l'on retrouve aujourd'hui dans de nombreuses régions : comment développer des TER plus performants sans créer une mobilité à deux vitesses entre les grandes villes et les territoires intermédiaires ? Un défi auquel la Région Bretagne et SNCF Voyageurs devront sans doute apporter des réponses si elles veulent faire du Breizh Go Express Sud un véritable succès populaire, et pas seulement une réussite en matière de vitesse commerciale.
Pierre Lancien
Photo : nouvelle gare de Rosporden

