Le train n'a jamais transporté autant de voyageurs en France. C'est le principal enseignement du dernier rapport publié par l'Autorité de régulation des transports (ART), qui confirme une dynamique de fréquentation exceptionnelle sur l'ensemble des segments du ferroviaire. Une bonne nouvelle pour la transition écologique, mais aussi un défi majeur pour les infrastructures et les opérateurs.
Selon l'ART, les services ferroviaires enregistrent des niveaux de fréquentation historiques, aussi bien sur les lignes à grande vitesse que sur les trains conventionnés. Les TER poursuivent notamment leur progression, portés par les politiques volontaristes de nombreuses régions et par une demande croissante de mobilité du quotidien. Cette dynamique se retrouve également sur les services à grande vitesse, stimulés par le développement de l'offre et l'arrivée progressive de nouveaux opérateurs.
Pour le régulateur, ce succès appelle désormais une réponse claire : développer l'offre ferroviaire. Car la hausse de fréquentation commence à se heurter aux limites d'un réseau parfois saturé, vieillissant et soumis à d'importants besoins de modernisation.
Le constat rejoint les orientations récemment présentées par l'État dans le futur contrat de performance entre SNCF Réseau et l'État. Celui-ci prévoit une hausse de 50 % des investissements consacrés à la régénération et à la modernisation du réseau à partir de 2028, avec un objectif de croissance du trafic ferroviaire de 25 % à l'horizon 2033.
Au-delà des chiffres, l'ART souligne une réalité désormais largement partagée : la demande de train progresse plus vite que les capacités disponibles. Pour répondre aux attentes des voyageurs, la question n'est donc plus seulement de maintenir le réseau existant, mais bien d'accroître l'offre, de créer de nouvelles capacités et d'accélérer les projets d'infrastructures.
Une perspective qui concerne directement les grands projets actuellement à l'étude ou en construction, des SERM aux lignes nouvelles, en passant par la modernisation des nœuds ferroviaires. Une interrogation demeure : le réseau français sera-t-il capable d'absorber durablement cette appétence pour de rail ?
NR



