À chaque rentrée, le même sujet revient dans les campagnes : pourquoi le car scolaire ne passe-t-il pas plus près du domicile ? En Bretagne, où plus de 100 000 jeunes empruntent quotidiennement quelque 2 000 cars, la Région assume un arbitrage délicat entre proximité du service, temps de parcours et maîtrise des coûts.
Avec près de 25 000 arrêts en zone rurale, le maillage est déjà considérable. Pourtant, les demandes de création ou de déplacement d'arrêts restent nombreuses : environ 2 000 dossiers sont déposés chaque année. Et seulement un tiers obtient satisfaction.
La raison tient d'abord à l'organisation du réseau. Pour bénéficier d'un nouveau point de ramassage, les familles doivent notamment résider à plus de trois kilomètres de l'établissement et ne pas disposer d'un arrêt à moins de 500 mètres. La Région examine aussi le nombre d'élèves concernés, les arrêts existants et les établissements desservis.
Mais une contrainte domine : les élèves ne doivent pas passer plus de 45 minutes dans le car. Multiplier les détours pour rapprocher chaque arrêt des domiciles finirait donc par allonger considérablement les tournées. « Nous ne pourrons jamais aller chercher tous les élèves chez eux », résume Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne.
À cette équation s'ajoute celle du financement. Les familles ne supportent qu'environ 10 % du coût réel du transport scolaire, avec un abonnement annuel de 140 euros pour les deux premiers enfants, le reste étant pris en charge par la collectivité.
Enfin, un autre sujet demeure : le recrutement des conducteurs. Après les fortes pénuries observées en 2022, les tensions se sont atténuées, mais les transporteurs restent à la recherche de candidats.
Pierre Lancien

