Téléphone en haut-parleur, vidéos regardées sans écouteurs, conversations sonores, enfants qui courent dans les voitures ou bagages abandonnés dans le passage… J’en passe et des meilleures ! Le train a beau être associé à la sérénité, la cohabitation à bord n'est pas toujours si tranquille. Une étude OpinionWay pour Trenitalia dresse le palmarès de ces « irritants » qui polluent votre sérénité.
Le paradoxe est assez savoureux. Lorsqu'ils comparent le train à la voiture, au car et à l'avion, 47 % des Français considèrent le ferroviaire comme le mode le plus attractif pour voyager « l'esprit léger » sur courte distance, et 45 % sur longue distance. La tranquillité arrive d'ailleurs en tête des critères permettant de voyager sereinement à titre personnel, citée par 42 % des voyageurs ou intentionnistes.
Encore faut-il que les voisins de voiture soient du même avis.
Le premier irritant est sans appel : 51 % des personnes interrogées citent le voyageur qui parle fort au téléphone. Arrive immédiatement derrière celui qui regarde vidéos, films ou réseaux sociaux avec le volume de son appareil trop élevé (42 %). Le non-respect des règles – fumer ou comportements liés notamment à l'alcool – complète le podium à 41 %. Les conversations à haute voix entre amis, familles ou collègues irritent 37 % des voyageurs.
Mais la bataille du calme ne s'arrête pas là. 35 % pointent le manque d'hygiène et les odeurs corporelles, tandis que 34 % citent les enfants courant entre les sièges sans intervention de leurs parents. Même proportion pour les bébés qui pleurent lorsque leurs accompagnants ne semblent pas chercher à les calmer. Et 30 % s'agacent des dessins animés diffusés à plein volume par les plus jeunes.
Plus loin dans le classement apparaissent les bagages gênant la circulation (17 %), les odeurs de nourriture (17 %), les chaussures retirées et les pieds en chaussettes – ou nus – à 15 %, devant les animaux de compagnie, les ronflements ou les voyageurs occupant plusieurs sièges pour dormir.
L'étude fait surtout apparaître une véritable fracture générationnelle. Chez les 18-24 ans, le premier irritant est le non-respect des règles (38 %), devant le manque d'hygiène (36 %). Chez les 60-75 ans, en revanche, le téléphone devient l'ennemi public numéro un : 75 % sont gênés par un voisin parlant fort, contre seulement 33 % des 18-24 ans. Les conversations à haute voix exaspèrent également 51 % des seniors.
Ces résultats disent finalement beaucoup de l'évolution du voyage ferroviaire. Le train est devenu un espace où l'on veut lire, dormir, écouter de la musique, regarder un film ou travailler. 45 % des voyageurs à titre personnel y lisent et 43 % y dorment ou somnolent, tandis que le travail constitue la première activité déclarée lors des déplacements professionnels. Chacun transforme ainsi quelques mètres carrés de voiture en morceau d'espace personnel… tout en devant le partager avec plusieurs dizaines d'inconnus.
PL

