Alors que plusieurs collectivités revoient leurs ambitions dans l’hydrogène et que le bus électrique à batteries s’impose progressivement comme la solution dominante pour décarboner les réseaux urbains, Metz persiste et signe. L’Eurométropole a mis en service, lundi 31 août, ses trois premiers bus à hydrogène sur les lignes L3 et L5 du réseau Le Met’.
Ce n’est qu’un début. Vingt véhicules doivent être en circulation d’ici à la Toussaint, avant l’arrivée de quatorze unités supplémentaires destinées à la future ligne Mettis C en septembre 2027. Au total, Metz disposera donc de 34 bus à hydrogène, tous fournis par le constructeur polonais Solaris.
Un choix qui apparaît presque à contre-courant du marché. Malgré ses avantages (autonomie, rapidité du ravitaillement et absence d’émissions à l’échappement ), l’hydrogène reste pénalisé par le coût des véhicules, celui des infrastructures de production et de distribution ainsi que par un rendement énergétique global moins favorable que celui de l’électrique à batteries.
Le Maire, François Grosdidier assume pleinement ce choix technologique. « L’hydrogène aujourd’hui est fabriqué à partir de l’électricité, ce qui permet d’utiliser l’énergie en différé. Par rapport au bus électrique, ça nous économise tous les temps de recharge », explique le président de l’Eurométropole. Une façon de défendre non pas l’hydrogène contre la batterie, mais un mix énergétique adapté aux caractéristiques des lignes.
François Grosdidier explique ensuite que l’électrique doit plutôt être réservé aux lignes suffisamment courtes ou disposant de systèmes d’alimentation adaptés.
Dès mars 2021, la métropole avait expérimenté un Van Hool A330 Fuel Cell. La faillite du constructeur belge est ensuite venue retarder le calendrier, sans remettre en cause l’orientation retenue.
Avec Solaris, l’Eurométropole passe désormais de l’expérimentation à l’exploitation commerciale. À l’heure où l’hydrogène cherche encore son modèle économique dans le transport public, Metz choisit donc d’en faire l’un des piliers de sa transition énergétique. Un pari que beaucoup observeront avec attention.
L'opération représente 18 millions d'euros et Metz vise, à l'horizon 2035, 34 véhicules hydrogène et 99 bus électriques, soit 57 % du parc fonctionnant avec l'une de ces deux énergies.
Pierre Lancien

