Le financement des Services express régionaux métropolitains (SERM) revient au cœur du débat parlementaire. À l'occasion du Printemps de l'évaluation, exercice annuel consacré à l'analyse des politiques publiques, la commission des finances de l'Assemblée nationale s'est penchée sur un sujet devenu sensible : qui paiera réellement le développement de ces futurs réseaux de mobilité du quotidien ?
Dans son rapport d'information, la députée Christine Arrighi alerte sur un angle mort de la politique des SERM. Si les besoins d'investissement dans les infrastructures sont désormais bien identifiés, leur exploitation reste largement sous-financée. Selon les estimations reprises dans le rapport, les surcoûts de fonctionnement supportés par les autorités organisatrices de mobilité pourraient atteindre entre 1 et 2 milliards d'euros par an.
Un chiffre loin d'être anodin alors que les collectivités doivent déjà financer la transition énergétique de leurs réseaux, le renouvellement des matériels roulants et l'amélioration de l'offre de transport. Sans ressources nouvelles, le risque est grand de voir les ambitions affichées se heurter à la réalité budgétaire.
Le sujet n'est pas nouveau. Il avait déjà été largement débattu lors de la conférence de financement des mobilités organisée à l'été 2025. Plusieurs pistes avaient alors été évoquées afin de sécuriser les ressources des SERM. Mais ces propositions n'ont finalement pas été reprises dans le projet de loi-cadre sur les mobilités, laissant les collectivités dans l'incertitude.
À quelques mois des premières concrétisations opérationnelles, le rapport parlementaire remet donc la pression sur le Gouvernement. Car au-delà de l'annonce des projets, c'est désormais leur modèle économique qui est en jeu. Les élus locaux le rappellent régulièrement : créer de nouvelles dessertes ferroviaires est une chose ; garantir leur exploitation dans la durée en est une autre. Sans réponse rapide sur les financements, les SERM pourraient rapidement se heurter à leur premier obstacle… budgétaire.
PL

