Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20, l’ex- train de la discorde, espère-t-on. Initialement prévu pour 2025, il est désormais annoncé sans faute pour 2028.
Après une période de rapports tempétueux engendrées par les dérapages du programme, ses constructeurs (Alstom et CAF, son financeur ( Ile-de-France Mobilités), ses futurs exploitants et ( RATP et SNCF), ont célébré tous ensemble le 7 mai à Crespin (Nord) une étape importante dans la réalisation de cette commande géante de 2,5 milliards d’euros : la sortie de la première rame d’essai. Elle va pouvoir entamer ses tests dynamiques, alors que 10 trains sur 146 commandés sont actuellement en production.
Très attendu par la présidente d’Ile-de-France Mobilités pour pallier le manque de fiabilité des rames actuelles qui empoisonne souvent la vie des usagers franciliens, ce modèle conçu sur-mesure offre une capacité supérieure : « 1 063 places totales par rame, soit jusqu’à 35 % de plus qu’aujourd’hui et 342 places assises, soit 22 de plus » soulignent ses concepteurs, qui ont élargi ce matériel jusqu’à 30 cm.
Tout n’est pas encore gagné et le programme reste sous pression maximale. Pour prévenir toute nouvelle déconvenue, « le projet du MI20 est désormais priorisé par le consortium Alstom/CAF pour redresser le calendrier, poursuivre les opérations de production industrielle à rythme soutenu et sécuriser les prochaines étapes » souligne le communiqué commun des protagonistes.
Marquée par une grande complexité liée aux désiderata du client, aux exigences excessives du cahier des charges rédigé par la SNCF et la RATP, et entravé par une avalanche de normes française et européennes, le MI20 figure parmi les quatre cas d’école ( avec le TGV M, les rames Oxygène et le RER NG ) radiographiés par le rapport commandé début 2025 par le gouvernement sur les retards de livraison propres au ferroviaire.
Cela fait cinq mois que les co-auteurs Yves Ramette, Christian Dugué et François Feugier ont remis leur conclusion toujours pas publié par l’exécutif. Une attente finalement raccord avec le sujet !
Marc Fressoz



