Le chinois BYD recrute un poids lourd : Stéphane Espinasse, l’ancien big boss d’Iveco, à la manœuvre en Europe

08 05 2026 | Actualités

Le constructeur chinois BYD accélère sa stratégie européenne. En confiant les rênes de son activité bus à Stéphane Espinasse, le groupe s’offre un dirigeant expérimenté, fin connaisseur des marchés publics et des opérateurs. Une nomination loin d’être anodine dans un secteur en pleine recomposition.

En confiant les rênes de son activité bus en Europe à Stéphane Espinasse, le constructeur chinois BYD franchit un cap stratégique sur un marché en pleine recomposition. Derrière cette nomination, c’est toute l’ambition européenne du groupe qui se dessine.

Longtemps resté en retrait des géants historiques du continent, BYD avance désormais à visage découvert. L’électrification accélérée des flottes, imposée par les politiques publiques, rebattant les cartes industrielles, offre une fenêtre d’opportunité inédite. Et dans ce contexte, le profil d’Espinasse fait sens.

Car le marché européen du bus traverse une zone de turbulence. La demande explose, tirée par la transition énergétique, tandis que les capacités industrielles peinent à suivre. « On a perdu près de 40 % de capacité de production depuis 2019 », observe le nouveau patron Europe. Une tension qui fragilise les constructeurs traditionnels et ouvre mécaniquement la porte à de nouveaux entrants.

Dans ce paysage en mutation rapide, BYD ne part plus de zéro. Avec plus d’un millier de bus livrés en Europe en 2025, le groupe a déjà posé ses jalons. Surtout, il bénéficie d’un atout décisif : une maîtrise industrielle et technologique forgée sur son marché domestique, où l’électrique s’est imposé à grande échelle.

Pour Stéphane Espinasse, l’enjeu dépasse largement la simple commercialisation de véhicules. Il s’agit de structurer une présence, de bâtir des équipes et, surtout, de convaincre. Car au-delà des performances techniques, c’est bien la crédibilité qui se joue. Dans un secteur encore marqué par des relations historiques entre opérateurs et constructeurs européens, l’arrivée d’un acteur chinois ne va pas de soi.

Reste que le moment semble propice. La bascule vers l’électrique, désormais inéluctable, redéfinit les règles du jeu. « On va vers 50 à 60 % d’électrique dans les prochaines années, que ce soit en urbain, périurbain et même en tourisme. Cela change complètement le métier », résume-t-il.

Avec ce recrutement, BYD entend s’imposer durablement sur le marché européen. Et dans cette bataille où se mêlent industrie, innovation et influence, l’arrivée de Stéphane Espinasse pourrait bien marquer un tournant.

Pierre Lancien

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