Velvet c’est du concret. Tel est le message envoyé par l’entreprise ferroviaire à travers la présentation le 22 avril à l’usine Alstom de la Rochelle de la première de ses 12 rames Avelia Horizon commandées au constructeur. Cette étape la conforte dans sa position de future première néo-compagnie capable de contester la place de la SNCF. Ce doit être en principe à partir de 2028, alors que de leur côté, Le Train et Kevin Speed qui jouent dans la même catégorie n’ont pas encore réuni les financements pour acquérir leur train à grande vitesse.
« Nous commencerons avec trois lignes d’un coup, Paris-Bordeaux, Paris Angers-Nantes, et Paris-Rennes, ce qu’aucun nouvel opérateur ne fait » indique Rachel Picard, ex-patronne de l’activité TGV à la SNCF et cofondatrice de Velvet avec Tim Jackson. L’offre équivaudra à 10 millions de place au total sur les trois destinations.
Si on connaissait déjà la livrée extérieure des trains vert foncé et lilas, on attend toujours de découvrir l’aménagement intérieur notamment celui de la voiture bar ainsi que les services proposés sur lequel la société fait des mystères. Spécialiste du marketing, la dirigeante qui a, avec ses équipes multiplié les voyages en trains dans le monde entier comme autant de sources d’inspiration espère créer un effet whaou ! en matière d’expérience client.
Rappelons que si Velvet a bénéficié de l’apport de banques, son investissement de 1 milliard d’euro – dont 850 millions pour les trains – est essentiellement financé par le fonds Antin. Selon nos informations, un deuxième fonds devait partager le risque avant de se désister au dernier moment.
Après la présentation de cette première rame, Alstom prévoit de lancer les essais dynamiques sur le réseau ferré début 2027. Le calendrier est toutefois soumis à la capacité d’Alstom à livrer à l’heure des rames au point. Il s’agit du même modèle que le TGV M qui n’a encore jamais roulé et dont la SNCF doit essuyer commercialement les plâtres. La compagnie historique s’impatiente depuis 2024. L’industriel a promis de concrétiser pour de bon sa promesse pour le début de l’été. Mais des problèmes liés à la fiabilité de l’informatique embarqué font encore peser un doute sur l’arrivée des trains pour la période des grandes allées et venues estivales. Pour l’instant le constructeur n’a pas officiellement signifié de retard.
Marc Fressoz



