CAF_SNCF_Intercites

CAF – 2 / Alstom – 0

06 03 2025 | Actualités

Alstom battu par CAF en Belgique et au Maroc

 CAF-Alstom : 2-0. Sur le marché des trains classiques, le géant français vient d’enchainer deux déconvenues face à son challengeur espagnol.

En Belgique, le fabricant ibérique CAF s’est en effet vu attribuer le 28 février par la SNCB un contrat de fourniture de trains classiques contre plus de 3 milliards d’euros, raflant la mise face à Alstom et Siemens. Il convient toutefois d’attendre que les éventuels recours soient purgés car le groupe français qui ne digère pas sa défaite envisage de saisir la justice pour contester sa mise à l’écart.

En colère, le patron d’Alstom Belgique, Bernard Belvaux a écrit à différents ministres pour dénoncer « la décision choquante » de la compagnie ferroviaire publique, coupable de n’avoir pas choisi sa solution, « moins chère de 107 millions d’euros » . « L’offre retenue de CAF se monte à 3,4 milliards, contre 3,3 milliards pour Alstom et 3,6 milliards pour Siemens » souligne-t-il dans un courrier publié par la presse belge. Alstom met aussi en avant des retombées économiques directes de son offre pour la Belgique. Le contrat pouvant porter jusqu’à 600 rames neuves automotrices sur 12 ans aurait pu garantir de l’activité aux salariés de son usine belge de Bruges, héritée de Bombardier, et de celle de Charleroi. Mais cela n’a pas suffi.

Reste à savoir si la stratégie agressive du fournisseur potentiel contrarié à l’égard du donneur d’ordre suffira à renverser la vapeur. Certains observateurs font valoir que les retards de livraison chroniques auxquels Alstom a habitué beaucoup de ses clients ont pu entrer en considération.

Décidemment, le Français peine à vendre ses trains classiques en ce moment. Le 26 février, le Maroc l’a écarté au profit d’une part de CAF qui lui livrera «30 trains modernes intercity », avec une option pour acquérir 10 trains supplémentaires, selon un communiqué de CAF et d’autre part du Coréen Hyundai Rotem. Mais tout n’est pas noir pour le groupe dirigé par Henri Poupart Lafarge. Car c’est lui qui fournira l’ONCF en nouvelle rames à grande vitesse pour l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kenitra et Marrakech : le papier signé porte sur 18 TGV de nouvelle génération. Au sein de ces investissements ferroviaires dont la valeur annoncée par le Maroc s’élève à 2,8 milliards d’euros, on peut estimé la part revenant à Alstom à quelque 500 millions d’euros. Pour obtenir ce marché, le constructeur a pu compter sur le financement mis en place par la France ( tout comme CAF avec l’Espagne. Consolation pour Alstom, le Chinois CRRC ressort bredouille de ce marché portant sur du matériel roulant.  

Marc Fressoz

 

 

 

À lire également

Volvo prépare le retour de ses autocars en Europe

Volvo prépare le retour de ses autocars en Europe

À Mexico, lors du salon Expo Foro Movilidad 2026, Volvo Buses a levé le voile sur une nouvelle génération du Volvo 9800. Un modèle principalement destiné au marché sud-américain, mais dont certaines...

Le TUT ! fait sauter la frontière tarifaire entre L’Île-de-France et Centre-Val de Loire
La frontière administrative entre l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire ne devra plus être un casse-tête pour les voyageurs. Réunis à Montargis, François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, et Valérie Pécresse, présidente de la Région...
Salaün Holidays rapatrie 200 voyageurs bloqués au Moyen-Orient
Douze jours après le déclenchement du conflit qui embrase une partie du Moyen-Orient, le voyagiste finistérien Salaün Holidays annonce avoir réussi à rapatrier l’ensemble de ses clients présents dans la région. Au total, près de 200 voyageurs ont été concernés par ces...
À Bordeaux, une nouvelle promotion 100 % féminine prend le volant chez Keolis
À Bordeaux, la féminisation des métiers du transport public poursuit son chemin. Après une première expérimentation réussie au printemps 2025, l’agence Partnaire Transport de Bordeaux lance une seconde promotion 100 % féminine destinée à former de futures conductrices...
ATM : Quand les Milanais prennent le bus à Paris
Insertion quasi inaperçue dans le paysage du véritable nouvel entrant du marché des bus parisiens. Sans un couac, l’Italien ATM (Azienda Trasporti Milanesi) exploitant du réseau urbain de Milan a pris possession le 1er mars des clés de 18 lignes de bus de la RATP...