Le transport public célèbre ses hommes et femmes de l’année

12 06 2026 | Actualités

Le transport public célèbre ses hommes et femmes de l’année à son nouveau rendez-vous annuel, le salon Mobco qui s’est tenu du 9 au 11 juin à Paris.

Le renouvellement est enfin arrivé à la tête du lobby des autorités organisatrices, le GART, Groupement des autorités organisatrices de transports ! Un ticket droite-gauche constitué du sénateur du Nord Franck Dhersin (Horizons) et de la maire et présidente de l’Eurométropole de Strasbourg Catherine Trautmann, issue du PS, a été « retenu » le 9 juin pour porter de façon crédible la cause du transport public et de son modèle économique fragile.

C’est une première étape, l’AG du GART est appelée à valider le 29 septembre la proposition retenue par les administrateurs d’attribuer la présidence au premier, la vice-présidence à la seconde.

Pour autant tout se joue maintenant estime Franck Dhersin. Réaliste face aux énormes difficultés budgétaires du pays et des coupes en préparation, le parlementaire du parti d’Edouard Philippe est déjà sur le pied de guerre pour sauver les meubles. « Il y a de forte chance que le budget qui sera adopté pour 2027 ressemble au projet de budget que Bercy est en train de finir d’écrire en ce moment. C’est dès maintenant qu’il faut intervenir si on veut avoir prise. Au cours de l’été ce sera déjà trop tard » dramatise-t-il.

 Parlementer cet automne pour du beurre ?

A ses yeux, un scénario se profile :  pendant deux mois cet automne, « les parlementaires seront occupés à discuter pour rien du projet de loi de finance », car finalement, faute de majorité à l’Assemblée, « le gouvernement le fera adopter par ordonnances » parie-t-il. Une telle première permettrait à l’exécutif d’éviter des discussions ingérables risquant de déborder sur le début 2027, année de la présidentielle. Dans l’entourage du ministre des Transports, Philippe Tabarot, on veut croire à la possibilité d’un vrai débat parlementaire et au recours au 49.3. Mais, le risque de censure du gouvernement n’est jamais loin.

Avec cette nouvelle équipe à la tête du GART, on peut rêver d’un renouvellement programmatique de l’association, avec au moins une mise en sourdine des revendications pavloviennes ( baisse de la TVA, hausse de la contribution des entreprises etc. ) et la fin d’un certain déni au profit d’approches nouvelles adaptées à la situation. Les équipes permanentes du GART ont déjà défriché certaines pistes comme l’optimisation de la gestion des réseaux existants, dans la ligne du petit vadémécum préparé par Bercy à l’attention des participants d’Ambition France Transports sur le thème : de la bonne administration des ressources destinées à la mobilité en période de vache maigre.

Alerte à Bordeaux et Marseille

 De toutes façons, nécessité commence à faire loi. Deux alertes sur les finances de collectivités de taille conséquente ramènent au principe de réalité. Voici la Métropole de Bordeaux, placée depuis le 9 juin sous la surveillance de Bercy et de la préfecture en raison de sa situation financière, amenant le président de la collectivité à décliner des mesures de redressement. Dans les Bouches-du-Rhône, la métropole d’Aix-Marseille dont le budget présente un trou évalué aujourd’hui à 144 millions d’euros s’est placée sous la tutelle de l’Etat, l’essentiel venant du déficit structurel du compte transport. En cause, vient de pointer la chambre régionale des comptes, le coût d’exploitation de nouvelles lignes de « Marseille en grand », et des « recettes qui n’augmentent pas, voire qui baissent » notamment depuis l’instauration de mesure de gratuite partielle. Bref, le renouvellement au GART s’imposait. « Cela changera un peu le discours, sourit ce dirigeant d’un opérateur du transport public, mais ne me citez pas ! »

La personnalité de l’année !

 Un événement exceptionnel et pittoresque a eu lieu le premier jour. Le milieu du transport public a désigné sa « personnalité de l’année ». Une distinction aussi originale que le prix FIFA pour la paix imaginé par Gianni Infantino, le patron du foot mondial pour honorer Donald Trump. Cette récompense est allée à Louis Nègre, battu en mars 2026 par un élu du Rassemblement Nationale qui lui a ravi la mairie de Cagnes, conduisant mécaniquement l’élu à céder la présidence du GART occupée depuis 2014.

Personnalité de l’année et de « ces trois dernières décennies» ont renchéri le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et le président de l’UTPF et de Transdev Thierry Mallet. Ils ont rendu hommage avec parfois une pointe d’ironie à cette personnalité qui a assurément contribué à défendre la cause du transport public et des infrastructures, en incarnant une certaine façon de faire de la politique à la française.

Enchainant ou cumulant les mandats et les fonctions, au risque de potentiels conflit d’intérêts, l’ex élu LR a eu en main plusieurs leviers stratégique réussissant à pousser les sujets parfois dans des impasses. Au Sénat, comme rapporteur de la loi Grenelle 2 de l’environnement (2010) durant le quinquennat Sarkozy, il a contribué à faire graver dans le marbre une longue liste de projets de lignes TGV, d’autoroutes et d’autres infrastructures engageant l’Etat à les réaliser en trouvant les moyens de les financer.

Une liste nourrie des travaux du think tank TDIE, en partie liée à la fédération des travaux publics et dont il a exercé la co-présidence de 2009 à 2025. L’élu a également présidé la Fédération des industries ferroviaire dont l’intérêt est de voir le réseau TGV s’étendre les autorités organisatrices dotées de moyen de passer commandes. 

La bombe de la liste introduite il y a 15 ans

Comme membre du Conseil d’orientation des infrastructures - longtemps présidé par Philippe Duron, co-président de TDIE – l’élu a été chargé de tenter, à la demande de gouvernements successifs, de dégonfler la roborative liste des projets hérités du Grenelle de l’environnement. C’est cette fameuse liste comportant le Bordeaux-Toulouse/Dax, d’autres lignes nouvelles, des contournements ferroviaires, des autoroutes, des canaux qui doit faire l’objet d’une introuvable loi de programmation, avec pour chaque projet retenu un financement réaliste. 

L’attente et la frustration de certaines régions et de leurs élus rendent le sujet explosif. « C’est totalement irrationnel, c’est la raison pour laquelle j’ai tenu absolument à ce qu’une programmation ne soit pas discutée dans l’atelier que j’ai coanimé pendant la conférence France Transports explique l’ancien député de Gilles Savary, sinon ce serait partie en vrille ». Ému de l’hommage qui lui a été rendu, Louis Nègre a conclu par ces paroles. « L’intérêt général doit être au-dessus de tout. Notre pays est un grand pays et il mérite le meilleur ! » Il ne manquait que la Marseillaise.

Ministre des Transports de l’année présente

Le Salon Mobco a donné l’occasion de croiser porte de Versailles nombre de ministres des Transports de l’année en cours, ou des précédentes, l’instabilité gouvernementale sous le second quinquennat Macron, en ayant produit beaucoup : François Durovray, président de l’Essonne et membre du GART était présent. Jean-Baptiste Djebbari, désormais directeur dans un fonds d’investissement est passé rapidement. Clément Beaune, dans un rôle de ministre virtuel parallèle intervenant à tout bout de champ grâce à sa fonction à la tête du Commissariat au Plan, est venu dire l’urgence à développer le véhicule autonome. Mais avec quel argent ? 

L’année du ministre ?

 Pour Philippe Tabarot, qui avec son cabinet ne ménage pas son énergie et sa bonne humeur, la question est de savoir si 2026 sera l’année du ministre. Les transports se trouvent « à un moment charnière » analyse-t-il. Lui aussi. Le sort de sa loi cadre, dont Bercy ne veut pas car elle engage l’Etat à affecter des recettes supplémentaires aux transports, reste incertain. Malgré la désignation d’une rapporteuse, Olga Givernet, le texte n’est pas programmé à l’Assemblée en juillet. « Sinon, ce sera à l’automne ou rien » redoute Franck Dhersin.

L’avenir électoral de Philippe Tabarot est aussi en jeu. La réélection en septembre du sénateur LR des Alpes maritime s’annonce difficile en raison de la montée du RN et des divisions au sein de son parti.

Marc Fressoz

 

 

 

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La RATP réussira-t-elle son chantier de la simplification ? En tout cas, elle part en chasse contre son trop plein de normes internes et ses écrits qui étouffent parfois son fonctionnement. « Nous avons identifié 30 % d’instructions générales qui étaient inutiles, superfétatoires » explique Xavier Piechaczyk à la tête du groupe depuis février 2026. Cela a fait partie de mon rapport d’étonnement en arrivant, j’ai même trouvé une instruction générale expliquant comment rédiger une instruction générale ». Bref trop « centralisé par endroit »,  l’EPIC mérite « un travail de fond très important d’allégement normatif » afin de redonner un peu de sens au travail des manageurs.

Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier.

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares.

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

 

La RATP réussira-t-elle son chantier de la simplification ? En tout cas, elle part en chasse contre son trop plein de normes internes et ses écrits qui étouffent parfois son fonctionnement. « Nous avons identifié 30 % d’instructions générales qui étaient inutiles, superfétatoires » explique Xavier Piechaczyk à la tête du groupe depuis février 2026. Cela a fait partie de mon rapport d’étonnement en arrivant, j’ai même trouvé une instruction générale expliquant comment rédiger une instruction générale ». Bref trop « centralisé par endroit »,  l’EPIC mérite « un travail de fond très important d’allégement normatif » afin de redonner un peu de sens au travail des manageurs. 

Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier. 

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL