Dix ans après le lancement de la profonde transformation du réseau de transport francilien, Île-de-France Mobilités ouvre un nouveau chapitre. En annonçant le lancement à l’automne d’un nouveau plan bus, Valérie Pécresse ne se contente pas de présenter une nouvelle concertation avec les élus locaux. Elle acte surtout un changement de phase : après le temps du développement de l’offre vient désormais celui de l’optimisation.
Depuis 2015, le réseau de bus d’Île-de-France a connu une évolution sans précédent. L’offre a progressé de près de 20 %, les véhicules ont été massivement renouvelés, la transition énergétique s’est accélérée et les services de transport à la demande se sont déployés dans de nombreux territoires de grande couronne. Dans le même temps, les lignes de car express se sont multipliées afin de mieux relier les bassins de vie et d’emploi.
Mais cette montée en puissance a également fait émerger de nouveaux défis. Car si les investissements ont été considérables, les attentes des voyageurs restent fortes sur des sujets très concrets : régularité, lisibilité des réseaux, vitesse des déplacements ou encore adaptation des dessertes aux évolutions urbaines.
L’arrivée progressive des nouvelles infrastructures du Grand Paris Express renforce encore cette nécessité. Les futures lignes 15, 16, 17 et 18, ainsi que le prolongement du RER E vers l’ouest francilien, vont profondément modifier les habitudes de déplacement. Les réseaux de bus devront être repensés pour jouer pleinement leur rôle de rabattement vers ces nouveaux pôles de mobilité.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le futur plan annoncé par Île-de-France Mobilités. Pour la première fois depuis les grandes restructurations engagées ces dernières années, l’autorité organisatrice propose aux maires et intercommunalités de participer directement à une réflexion globale sur les dessertes, les itinéraires, la qualité de l’information voyageurs ou encore la sécurité.
Au-delà des tracés, un autre sujet apparaît désormais comme prioritaire : la vitesse commerciale. Malgré les efforts engagés, de nombreuses lignes continuent de subir les conséquences de la congestion routière. Voies réservées, priorité aux carrefours, réorganisation de la circulation ou amélioration de l’insertion urbaine des bus pourraient ainsi constituer les principaux leviers d’action des prochaines années.
Cette nouvelle démarche traduit finalement une certaine maturité du réseau francilien. Après avoir augmenté l’offre, renouvelé les flottes et engagé la décarbonation des matériels, l’enjeu n’est plus seulement de faire circuler davantage de bus. Il s’agit désormais de les faire circuler mieux.
Pour Île-de-France Mobilités, la réussite du prochain plan reposera donc moins sur l’annonce de nouvelles lignes que sur sa capacité à améliorer concrètement la performance quotidienne du réseau. Une évolution discrète mais stratégique qui pourrait bien constituer la prochaine étape de la révolution des mobilités franciliennes.
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