Le gouvernement et l’industrie ferroviaire vont mettre sur pied « au début de l’été» « un plan d’action » et « des groupes de travail thématiques » ont annoncé les ministères des Transports et de l’Industrie le 18 mai.
Objectif : remédier aux causes des retards quasi systémiques observés lors de la livraison des derniers grands programmes de trains neufs ( TGV M, MI20, Oxygène, RER NG) décrites par les trois experts mandatés début 2025 (Christian Dugué, François Feugier, et Yves Ramette). Ceux-ci ont identifié les points noirs : « calendrier contractuel difficilement tenable» , « complexification technique des spécifications et matériels utilisés, procédures d’homologation parfois complexes, » organisation de la maîtrise d’ouvrage… résume le gouvernement.
Mais au-delà de ces commandes appartenant à l’histoire, il s’agira de faire phosphorer l’écosystème ( FIF, Alstom, CAF France, SNCF, RATP, Régions de France, Etat etc.) sur l’organisation à bâtir autour du rôle pivot des régions, pourvoyeuses de la majorité du chiffre d’affaires des industriels. « Désormais propriétaires des trains en raison de l’ouverture à la concurrence , elle devienne le maître d’ouvrage des commandes » souligne un acteur. Les écueils à éviter sont immenses : il faut éviter à l’avenir que chacune commande dans son coin son modèle de TER.
En attendant, l’exécutif s’est abstenu de publier le rapport dont la version d’origine, remise début 2025, reflétait les fortes tensions au sein la filière. Tout le monde veut éviter de remettre une pièce dans la machine à règlement de compte, et sortir par le haut dans un état d’esprit constructif.
Une source indique que la version définitive date du mois de mars. Le gouvernement l’a soumise ensuite à tous les acteurs ( industriels, autorités organisatrices etc. ) et affirme aujourd’hui que la mission des trois experts « vient de rendre ses conclusions ».
Ironie du sort, attendue pour cet été, l’entrée en service commercial du TGV M est à nouveau décalée, selon VRT.
Marc Fressoz



