Panne… de trésorerie pour GCK L’hydrogène éternue

20 05 2026 | Actualités

 Le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a placé le groupe Green Corp Konnection en redressement judiciaire le 13 mai dernier. Derrière cette décision, c’est toute une partie de la filière française du rétrofit et de l’hydrogène appliqués aux mobilités qui vacille.

En quelques années, GCK s’était imposé comme l’un des visages les plus visibles de la transition énergétique industrielle française. Batteries, hydrogène, rétrofit d’autocars et de véhicules industriels, ingénierie, sport automobile ou encore reprise du circuit de Charade : le groupe auvergnat avait multiplié les projets et les annonces ambitieuses.

Derrière cette montée en puissance, les difficultés financières se sont progressivement accumulées. Entre 2022 et 2024, le groupe aurait enregistré près de 20 millions d’euros de pertes. Les recapitalisations successives des actionnaires historiques — plus de 39 millions d’euros injectés en deux ans — n’auront finalement pas permis d’éviter la procédure collective. L’arrivée de Thierry Lagarde à la direction fin 2025 n’aura pas suffi non plus à redresser durablement la situation.

Le dossier dépasse largement le seul cas GCK. Car cette mise en redressement intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l’ensemble de la filière hydrogène française. Ces derniers mois, plusieurs acteurs majeurs ont eux aussi été fragilisés, à l’image de HYVIA, Safra, McPhy Energy ou encore e-Néo.

Tous se heurtent désormais à la même réalité économique : des coûts industriels encore extrêmement élevés, des volumes insuffisants, des infrastructures hydrogène qui progressent lentement et des collectivités confrontées à des contraintes budgétaires de plus en plus fortes.

Le rétrofit, longtemps présenté comme une solution rapide et vertueuse pour décarboner les flottes existantes, se heurte lui aussi à la difficulté de passer du prototype à l’industrialisation de masse. Dans les transports publics, beaucoup d’autorités organisatrices observent désormais avec davantage de prudence des technologies encore coûteuses et parfois complexes à exploiter.

Le cas GCK pourrait ainsi marquer un tournant. Après l’euphorie des annonces et des plans hydrogène, la filière entre peut-être dans une phase de consolidation beaucoup plus brutale, où seuls les modèles industriels les plus solides pourront survivre.

Pierre Lancien

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