Censé symboliser le renouveau du ferroviaire français, le futur TGV M d’Alstom continue pourtant de repousser son entrée en service commercial. Selon un document interne diffusé début mai, la mise en exploitation du train nouvelle génération ne pourra finalement pas intervenir dès juillet comme l’espérait encore récemment SNCF Voyageurs.
Le constructeur évoque la nécessité de « sécuriser les prochaines échéances du projet » après un nouvel alignement avec les équipes SNCF. Derrière cette formule se cache une réalité : le programme accumule désormais plus de trois années de retard.
Le document interne baptisé « Challenge Comet » prévoit désormais la livraison de six rames en septembre 2026, contre quatre initialement attendues en juillet, afin d’assurer une phase de pré-exploitation avant le véritable lancement commercial. L’axe Paris-Marseille devrait être le premier concerné.
Pour tenter d’accélérer le calendrier, Alstom a lancé un plan exceptionnel de mobilisation industrielle. Les équipes du site de Bellevue sont sollicitées sur des périodes allongées, avec travail le week-end et les jours fériés contre primes. Une stratégie qui illustre la pression qui entoure désormais ce programme devenu hautement stratégique pour la SNCF comme pour l’industrie ferroviaire française.
Mais comme souvent dans l’industrie ferroviaire, l’entrée en service d’un nouveau matériel s’accompagne d’une longue phase de « déverminage ». Selon plusieurs sources, SNCF Voyageurs craignait notamment de devoir gérer des bugs d’exploitation importants durant l’été. Des scénarios avaient même été étudiés afin de limiter les impacts voyageurs, avec des rames de réserve positionnées à Paris et à Nice en cas d’immobilisation.
La solution retenue semble finalement plus prudente : quelques circulations de pré-exploitation durant l’été, avant un véritable lancement commercial à la rentrée, sous réserve toutefois de l’homologation définitive attendue dans les prochains jours.
Inès de Béranger



