Quelques jours seulement avant son placement en redressement judiciaire, Green Corp Konnection affichait encore ses ambitions industrielles sur le terrain. Le 12 mai dernier, à Narbonne, le spécialiste français du rétrofit participait à l’inauguration de la deuxième station hydrogène développée par Qair dans le cadre du Corridor H2 Occitanie, après une première implantation à Béziers.
À cette occasion, GCK a présenté un autocar Iveco Crossway rétrofité hydrogène équipé d’une pile à combustible, lors d’une démonstration en conditions réelles. Le véhicule s’est directement avitaillé sur la nouvelle station narbonnaise avec de l’hydrogène renouvelable produit localement par l’unité Hyd’Occ.
L’opération visait à démontrer la capacité du rétrofit hydrogène à répondre aux besoins du transport interurbain et touristique, un segment particulièrement complexe à décarboner. Selon GCK, le véhicule conserverait jusqu’à 500 kilomètres d’autonomie, avec un temps de recharge rapide et des performances de conduite jugées très convaincantes par les observateurs présents.
Au-delà de la démonstration technologique, l’événement illustre surtout la stratégie désormais privilégiée par plusieurs acteurs : construire des écosystèmes territoriaux complets associant production locale d’hydrogène renouvelable, stations de distribution et véhicules adaptés.
Mais le contraste est saisissant. Car quelques jours après cette démonstration, GCK était placé en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Une situation qui vient brutalement rappeler la fragilité économique d’une filière encore largement dépendante des aides publiques et des investissements massifs nécessaires à son industrialisation.
Pour autant, les acteurs du secteur continuent de défendre une conviction forte : l’hydrogène pourrait conserver une pertinence sur certains usages spécifiques, notamment les longues distances, les territoires ruraux ou les exploitations intensives où les contraintes d’autonomie et de temps de recharge restent déterminantes.
À Narbonne, malgré les turbulences traversées par une partie de la filière française, le message était donc clair : l’hydrogène refuse encore de rendre les armes.



