Île-de-France Mobilités a bien enclenché la mise en concurrence des tramways franciliens !

19 03 2026 | Actualités

Île-de-France Mobilités franchit une étape décisive dans l’ouverture à la concurrence en s’attaquant au réseau de tramways, longtemps resté le bastion de la RATP. L’autorité organisatrice a engagé les premières démarches en vue d’un basculement complet des lignes à l’horizon 2030, avec un principe désormais arrêté : un allotissement en trois grands ensembles cohérents.

Le premier bloc, DSP n°50, regrouperait les lignes T3a et T3b, soit l’anneau des Maréchaux. Un ensemble à forte densité, avec près de 30 km, 58 stations et plus de 140 millions de voyageurs annuels, qui constitue à lui seul l’un des réseaux de tramway les plus fréquentés d’Europe.

Le deuxième lot, DSP n°51, rassemblerait les lignes T5, T6, T7 et T8. Un ensemble plus hétérogène, mêlant tramway sur pneus et fer, pour environ 40 km de réseau et près de 70 millions de voyageurs par an. Un lot qui pourrait séduire des opérateurs capables de gérer des systèmes techniques variés.

Enfin, le troisième lot, DSP n°52, couvrirait les lignes T1 et T2, soit 35,5 km, 61 stations et plus de 110 millions de voyageurs. Un périmètre particulièrement stratégique, combinant une ligne historique en modernisation permanente (T1) et une ligne structurante de rocade (T2), au cœur des flux de la petite couronne.

La ligne T10, déjà exploitée par RATP Cap Île-de-France, pourrait être rattachée à l’un de ces lots, tandis que les lignes plus récentes (T9 opérée par Keolis, ou le futur Câble 1 confié à Transdev) restent en marge du dispositif, même si leur intégration n’est pas totalement exclue à terme.

Le calendrier est désormais connu : publication des appels d’offres attendue en 2027, attribution entre fin 2028 et mi-2029, pour une entrée en service des nouveaux opérateurs au 1er janvier 2030. Des contrats d’une durée de 5 à 10 ans sont envisagés.

Au-delà du principe de concurrence, c’est bien la question industrielle qui domine. Comment transférer des systèmes aussi imbriqués sans dégrader la qualité de service ? Comment gérer la maintenance, les interfaces et le matériel roulant dans un réseau historiquement intégré ? Le découpage retenu par IDFM tente d’apporter une réponse : des lots suffisamment massifs pour être exploitables, mais assez distincts pour introduire une vraie compétition.

ND

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