Fausse nouvelle ! (Fake news) : quand l’emballement médiatique redonne paradoxalement du sens au mot “professionnel”

03 02 2026 | Actualités

Il y a, dans la prolifération des fausses nouvelles (fake news), un effet paradoxal presque réjouissant : elles finissent par redonner toute sa valeur à la presse dite « professionnelle ». Professionnelle au sens sectoriel, bien sûr, mais surtout professionnelle au sens noble du terme : rigueur, lecture attentive des textes, hiérarchisation de l’information. Je ne peux d’ailleurs que me réjouir de voir circuler ces fausses informations, tant elles ne font, en creux, que valoriser le travail journalistique de la presse dite professionnelle.

La polémique artificielle lancée autour d’un prétendu « doublement des tarifs des transports en commun » en est une illustration éclairante. À l’origine, une lecture hâtive relayée par RMC, puis commentée par Les Echos et Le Figaro.

Car il suffisait pourtant de lire (ou simplement de relire) le projet de loi-cadre diffusée par Mobily-Cités en exclusivité et toujours disponible sur son site, pour constater une évidence : à aucun moment il n’est question de doublement des tarifs, ni même d’une hausse généralisée. Le texte évoque uniquement la possibilité d’une indexation sur l’inflation, afin d’assurer la continuité du service public, la soutenabilité économique des réseaux, la protection des infrastructures et du matériel roulant. Bref, garantir dans la durée ce que le transport collectif doit aux usagers.

Surtout, et c’est un point majeur largement passé sous silence, la loi précise clairement que la décision revient aux autorités organisatrices de la mobilité. Les AOM restent libres de suivre ou non cette recommandation. Nous sommes donc loin d’une mesure uniforme imposée d’en haut, et encore plus loin d’un scénario anxiogène de flambée tarifaire automatique.

Dans ce contexte, la presse spécialisée (celle qui connaît les cadres institutionnels, les contraintes budgétaires et les réalités opérationnelles) retrouve toute sa légitimité.

Et ce n’est sans doute pas le ministre des Transports, Philippe Tabarot, qui dirait le contraire. À l’heure où les transports publics doivent concilier transition écologique, équité sociale et soutenabilité financière, le débat mérite mieux que des titres approximatifs. Il mérite du travail. Du vrai que l’équipe de Mobily-Cités s’efforce de faire pour le plus grand plaisir de ses abonnés. A bon entendeur…

PL

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