Ebusco : un virage délicat pour la Métropole de Rouen et l’industrie des bus électriques

19 09 2024 | Actualités

L'entreprise Ebusco, constructeur néerlandais de bus électriques, traverse actuellement une période critique, mettant en difficulté ses engagements envers la Métropole de Rouen. À peine quelques mois après l'inauguration de son usine à Cléon, destinée à fournir près de 100 bus pour l'agglomération, Ebusco fait face à de graves difficultés financières. La promesse d'une décarbonation rapide de la flotte de bus de la Métropole s'effondre alors que les véhicules électriques attendus ne sont pas livrés, obligeant Rouen à se tourner vers des bus diesel d'occasion. 

Les débuts d'Ebusco en France semblaient prometteurs : une usine flambant neuve, 350 emplois annoncés, et des ambitions de produire 500 bus par an. Toutefois, les derniers rapports financiers du constructeur révèlent des pertes de près de 65 millions d’euros pour le premier semestre 2024. Face à cette crise, l'entreprise a dû supprimer des emplois, et la fermeture de plusieurs usines, dont celle de Cléon, est envisagée dans son plan de redressement.

La situation s’aggrave pour la Métropole de Rouen, engagée à hauteur de 64 millions d’euros pour ses commandes de bus Ebusco. À ce jour, seulement une poignée de véhicules a été livrée (moins de 5 selon la Métropole), bien loin des objectifs fixés. L'agglomération, qui avait fait de la transition énergétique une priorité, se retrouve à acheter des bus d'occasion diesel pour pallier les retards, notamment auprès de la Métropole de Nice, qui se débarrasse de sa propre flotte. Il s'agit de Citelis 18-diesel (des véhicules Crit’air 4) qui ne sont plus fabriqués depuis 2012.

Malgré les incertitudes, Ebusco France tente de rassurer : les recrutements à Cléon continuent, et un plan de restructuration est en cours pour améliorer la fiabilité des livraisons. Louis-René Chabannes, directeur de projets France, affirme que l'implantation en France n'est pas remise en cause, même si les promesses initiales semblent désormais hors de portée.

Pour Rouen, cette situation représente non seulement un défi financier mais aussi une remise en question de ses choix stratégiques dans la course à la mobilité verte. Les élus et gestionnaires devront redoubler d’efforts pour compenser les retards d’Ebusco et maintenir le cap vers une flotte de bus plus respectueuse de l’environnement.

PL

 

 

À lire également

La Société des Grands Projets (SGP) présente sa nouvelle collection de reports de mises en service

Réseau du métro du Grand Paris Express : La Société des grands projets (SGP) présente sa nouvelle collection de reports de mises en service. Elles toucheront assurément les lignes 15 sud et 18 et possiblement les axes 16 et 17 – on le saura plus tard précise-t-elle....

Ouf ! S.Lecornu trouve des sous pour le GPSO

Les caisses sont vides pour pouvoir équiper les HLM de volets, isoler les écoles et les hôpitaux, recruter des juges et des procureurs, entretenir les réseaux de communication vieillissants, éviter l’explosion de la dette publique, mais Sébastien Lecornu a trouvé de...

Fréquentation record : le succès du train relance la question de l’offre

Le train n'a jamais transporté autant de voyageurs en France. C'est le principal enseignement du dernier rapport publié par l'Autorité de régulation des transports (ART), qui confirme une dynamique de fréquentation exceptionnelle sur l'ensemble des segments du...

RGO ouvre un nouveau chapitre

Le Réseau Grand Ouest Services (RGOS), structure qui fédère plusieurs entreprises indépendantes du transport routier de voyageurs dans l'Ouest de la France, vient de tourner une page importante de son histoire. À l'occasion de son assemblée du 18 juin, les associés...