Après avoir profondément transformé sa billettique avec la dématérialisation des titres de transport, Île-de-France Mobilités franchit une nouvelle étape. La validation et l'achat de titres directement par carte bancaire vont progressivement faire leur apparition sur l'ensemble du réseau francilien. Une évolution qui vise avant tout les touristes et les voyageurs très occasionnels, sans remettre en cause la place centrale du passe Navigo.
Pour Valérie Pécresse, présidente d'Île-de-France Mobilités, cette nouvelle étape s'inscrit dans une stratégie de modernisation engagée depuis plusieurs années. « Le paiement par carte bancaire viendra compléter nos services, en rendant notre réseau plus accessible, plus fluide et plus accueillant pour tous », explique-t-elle.
L'autorité organisatrice rappelle que la révolution billettique engagée depuis 2019 a déjà profondément modifié les usages. Aujourd'hui, près de 600 millions de titres numériques sont vendus chaque année et la quasi-totalité des validations occasionnelles s'effectue désormais via un support dématérialisé. Plus de 2,1 millions de voyageurs utilisent également Navigo Liberté+, devenu le titre de référence pour les usagers occasionnels.
L'arrivée de la carte bancaire répond toutefois à un besoin spécifique. Selon les études réalisées par Île-de-France Mobilités, les touristes continuent majoritairement d'acheter leurs titres aux automates ou aux guichets, générant parfois des files d'attente importantes. Le dispositif vise également les voyageurs dits « hyper occasionnels », peu familiers avec la tarification francilienne et à la recherche d'une solution simple et immédiate.
Le déploiement a déjà commencé sur les réseaux de surface. Entre novembre 2025 et mai 2026, 1 300 bus ont été équipés et plus de 300 000 validations ont été enregistrées. Dès la fin de l'été, l'ensemble des 4 500 bus de Paris et de la petite couronne sera compatible, avant une généralisation aux 10 500 bus et cars franciliens d'ici 2028.
Mais l'enjeu principal concerne désormais le métro et le réseau ferré. La ligne 1 du métro devrait être équipée dès juillet 2027, suivie des lignes 4 et 14 avant la fin de l'année. Les lignes 7 et 12 suivront à l'horizon 2028, avec un objectif de couverture intégrale du réseau à l'horizon 2030.
Valérie Pécresse tient néanmoins à rassurer les Franciliens : « Je veux aussi être très claire : pour les Franciliens, le Navigo restera la solution la plus avantageuse, simple et protectrice. » Le paiement par carte bancaire sera en effet facturé légèrement plus cher que les titres traditionnels afin de couvrir les commissions bancaires et les coûts d'exploitation.
Au total, cette modernisation représente un investissement de 140 millions d'euros, auquel s'ajoutent 25 millions d'euros de fonctionnement annuel. Un effort conséquent que l'autorité organisatrice entend compenser grâce aux achats réalisés par les touristes et voyageurs occasionnels. « Moderniser les transports, c'est améliorer concrètement l'expérience voyageur, sans renoncer à la qualité du service public », résume la présidente d'Île-de-France Mobilités.
Pierre Lancien



