Non candidat officiel à la présidentielle de 2027, Jean Castex sera visible cet été par des millions de spectateurs et téléspectateurs du Tour de France. « J’espère suivre une étape dans la voiture du directeur du Tour » a révélé le PDG de la SNCF lors de la signature d’un partenariat avec le parton de l’épreuve Christian Prudhomme président d’Amaury Sport organisation (ASO).
Le 29 mai, la SNCF est devenue « fournisseur officiel » de la grande boucle et du Tour féminin au même titre que Cochonou, Charal, Tourtel, Panzani, Danette, Kawazaki, Haribo… 25 entreprises au total. Elle mettra à disposition le 25 juillet un TGV InOui pour transférer les coureurs entre Grenoble et Paris pour la dernière étape. Ils n’avaient pas pris le train depuis 2011.
Même si un volet de l’accord, ficelé à la va-vite, prévoit la tenue d’exposition photos sur le Tour dans trois gares ( Bordeaux, Chambéry, Dijon), et l’accès de cheminots tirés au sort au village du tour, la portée de l’annonce qui a donné lieu à une conférence de presse reste assez limitée. Pas de TGV repeint en jaune. Certains journalistes non spécialistes l’ont cru, largués par l’échappée verbale de Jean Castex remontant les lacets de l’histoire pour évoquer le Train jaune, une de ses « marottes ». Le ligne de Cerdgane est située dans les Pyrénées Orientales où l’homme politique a été maire d’une commune
Signé pour trois ans, ce partenariat est une coquille à remplir. Dans l’entourage du patron du Tour, on évoque l’éventuelle entrée – payante – de la SNCF dans la populaire caravane publicitaire avec ses véhicules drolatiques. Mais n’allons pas trop vite, c’est une simple piste.
Certitude, le PDG du groupe public s’est dit qu’entre les valeurs du Tour, celles de la SNCF – et les siennes pardi ! – « ça matchait bien ». « Le Tour de France, c’est la France des territoires, la France tout court ! » appuie Jean Castex. C’est « la France populaire » comme la SNCF qui avec « le TGV, une invention française, » est aussi « celle de l’exploit. »
Le patron d’ASO qui avait invité l’ex-Premier ministre en 2020 à suivre à ses côtés une étape dans les Hautes-Pyrénées, assure qu’entre le public et Jean Castex, à qui il a offert un maillot jaune, ça matche bien aussi : « Je n’avais jamais entendu la moindre critique sur vous sur les bords de la route ». Une performance ouvrant la route aux exploits les plus fous ?
Forcément, le sens de cette réapparition annoncée sur la route du tour intrigue. Le PDG de la SNCF éprouve de plus en plus de mal à faire croire qu’il n’incarne pas le candidat de réserve d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2027 au cas où Edouard Philippe et Gabriel Attal ne décolleraient pas dans les sondages.
Il n’y a pas de fumée de sans feu et la presse en signale régulièrement. « Jean Castex voit beaucoup de monde et ne parle que de ça » rapportait récemment le Figaro. Il y a quelques semaines, le Point aussi relatait le scénario d’une candidature éventuelle.
– « Ohhhh ! Question suivante » s’est agacé l’ex-Premier ministre interrogé par la journaliste de l’AFP sur ses ambitions présidentielles. Les observateurs notent qu’en éludant, il n’a pas eu à démentir.
Chez les cheminots, on s’attend à tout. « Lorsqu’il dirigeait la RATP Jean Castex a fait le coup de celui qui n’était pas candidat pour diriger la SNCF ! » rappelle un responsable de SUD rail. Le haut fonctionnaire a seulement fini par répondre aux objurgations du président de la République.
Reste le sujet important du choix de l’étape du Tour qu’il suivra cet été. « Il ne vous échappe pas qu’après le départ de Barcelone, le parcours passe par les Pyrénées Atlantique » souligne Christian Prud’homme.
Mais rien de mieux et terme d’audience et de sensations fortes qu’une étape de montagne diffusée le week-end. L’avant dernière journée finissant à l’Alpe d’Huez serait idéale. Excitation et frisson garantis. « Quand tu descends à fond les cols dans la voiture, tu serres littéralement les fesses » témoigne Jean Castex en aparté.
Comme quand tu deviens Président ?
Marc Fressoz



