Train de nuit + ligne à grande vitesse : c’est le cocktail servi par la SNCF aux voyageurs du Paris-Tarbes deux nuits par semaine. Ce breuvage existe « depuis mars dernier » indique un porte-parole de SNCF Voyageurs qui vient seulement d’en officialiser la composition dans un communiqué daté du 27 mai. Pourquoi un tel décalage ? Mystère.
Toujours est-il qu’un train Corail de nuit, le Paris-Tarbes, emprunte les samedis et dimanches soir la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux exploitée par le concessionnaire privé Lisea. Cette « première » permettant d’éviter les travaux nocturnes de régénération empêchant la circulation sur la ligne classique entre Tours et Bordeaux
Il ne faut toutefois pas s’emballer. Sur cette LGV « conçue pour accueillir des rames roulant jusqu’à 320 km/h », les trains Intercités « conservent leur vitesse maximale de 160 km/h et les temps de parcours restent inchangés » prévient l’entreprise ferroviaire. Au total, « près de 150 trains de nuit Paris–Tarbes circuleront désormais chaque année les samedis et dimanches » ajoute-t-elle.
La genèse de cette solution remonte à la fin 2023 lorsque le Paris-Tarbes a dû changer de chemin et passer par Bayonne, subissant les travaux le week-end. La SNCF et le gestionnaire d’infrastructure Lisea ont pris langue afin de rendre possible l’utilisation pour cet Intercités de l’équivalent d’une autoroute au lieu d’une nationale.
L’Etat, dans son rôle d’autorité organisatrice de ce train d’équilibre du territoire a pour son part financé pour plus de 700 000 euros les systèmes de sécurité des locomotives 22500 exploitées par Captrain, un filiale SNCF habituellement affectée à la traction des trains de fret. Encore une singularité.
Marc Fressoz



