Pour sa première sortie, le nouveau patron de Keolis, Frédéric Van Heems fait impression

27 03 2026 | Actualités

« J’ai mené une carrière toujours dans des entreprises françaises, toujours dans des services essentiels, beaucoup à l’international, et toujours tournée vers de la transformation et du développement.  J’espère donc apporter ces expériences accumulées pour à nouveau accélérer la croissance rentable de Keolis sur les prochaines années » a-t-il énoncé lors de la présentation à la presse des résultats 2025 le 26 mars. Pour cette sorte d’examen de passage, il était entouré de trois piliers du groupe, Christelle Villadary (finances), Laurence Broseta (international) et Clément Michel (France).

L’occasion de « remercier Marie-Ange Debon », sa devancière, qui lui a laissé une entreprise « solide financièrement », tout en soulignant que « la rentabilité reste à un niveau modeste» même si « elle a fortement augmenté ». Comme Transdev, Keolis a vu ses bénéfices ( +33 millions d’euros contre + 13 en 2024 ) et sa marge d’Ebit (2,8 % contre 2,2% ) progresser l’an passé, ce malgré un chiffre d’affaires de 7,1 milliards d’euros en recul de 7,1%. Un creux dû à une transition entre la perte de gros marchés ( Melbourne, Lyon) et le démarrage de nouveaux contrats. Le dirigeant prévoit de présenter sa stratégie à l’automne, que le choc pétrolier risque à coup sûr d’influencer.

Mais plus que sa vision et sa maîtrise des fondamentaux du secteur rapidement assimilés depuis son arrivée le 16 mars, on retient le style de Frédéric Van Heems. Collégial, convivial, direct, séducteur, aimant les bons mots, le rugby aussi visiblement, le nouveau patron tranche par sa pâte humaine qui ressort d’. Moins policé ou techno que certains dirigeants du secteur, il voit dans sa nouvelle maison « une entreprise qui possède une culture complètement centrée sur l’humain, avec beaucoup de chaleur, un côté très familial, et c’est quelque chose qui est tout à fait cher à mon cœur. »

Et de montrer une « photo rigolote faite à Vélizy où nous avions une opération “Keolis Recrute“. Évidemment, je suis allé me mettre dessus, puisque c’était le jour où j’ai été recruté » explique le nouveau patron dont la réputation d’homme à poigne est soulignée par beaucoup à l’extérieur.

Diplômé d’HEC et de Normale sup’, Frédéric Van Heems, 61 ans a débuté sa carrière en 1986, au sein du Figaro de Robert Hersant et dans la distribution de la presse, aux NMPP, un univers marqué par des rapports de force constants avec la CGT du livre. Puis direction Areva, Cegelec, Alstom Power avant d’intégrer en 2014 le géant de l’eau et des déchets. Son arrivée dans le transport public doit beaucoup à la Caisse de dépôt et placement du Québec, actionnaire minoritaire 30 % aux côtés de la SNCF (70%).  « Les Canadiens voulaient à tout prix éviter de se voir imposer un recasé de la Macronie et plaidaient pour un profil d’industriel » indique un observateur.

Si Keolis a multiplié les contrats ici ( en Ile-de-France, dans les grandes métropoles et les petites villes ) et au-delà des frontières ( il vient de ravir le tram de Dublin à Transdev), il doit encore travailler ses fondamentaux. « Nous avons encore des contrats qui perdent de l’argent en France et à l’étranger » souligne le nouveau président du directoire.

Autres indications, l’entreprise reste assez dépendante à la France – 55% de son chiffre d’affaires – qui est aussi sa zone la plus profitable.  Dans le modèle économique spécial de Keolis, les profitables parkings Effia dont la fréquentation augmente sauf à Paris, apporte un peu de beurre dans les épinards.

Enfin conformément à la volonté exprimée par le PDG de la SNCF Jean Castex et son homologue de la RATP Xavier Piechaczyk, Frédéric Van Heems rechercher avec la RATP des occasions de s’allier à l’international. « Je pense que c’est une bonne idée. »

Marc Fressoz

 

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