Le 14 février marque une étape structurante pour le réseau lillois. Avec l’entrée en service des premières rames de 52 mètres, exploitées par Ilévia et opérées par Keolis, la métropole franchit un seuil capacitaire inédit depuis la mise en service du VAL dans les années 1980.
Derrière l’allongement des trains se joue une transformation plus profonde : moderniser un système automatique pionnier sans interrompre l’exploitation. La Métropole Européenne de Lille a piloté, aux côtés d’Alstom, une évolution globale du système : matériel roulant, pilotage automatique, adaptation des stations, maintenance. L’enjeu consistait à faire évoluer l’architecture technique tout en maintenant le service, principalement grâce à des interventions nocturnes et des coupures programmées.
Ces nouvelles rames doublent pratiquement la capacité par train sur la ligne 1, la plus fréquentée du réseau. Plus longues, plus lumineuses, intégralement accessibles, elles répondent à la croissance soutenue de la fréquentation et aux attentes d’une métropole en mutation. L’exploitation restera néanmoins mixte en 2026, avec la cohabitation temporaire des rames historiques VAL 208 et des nouvelles unités de 52 mètres.
Pour Keolis, opérateur du réseau, la séquence est déterminante. Adapter la conduite, la régulation, la maintenance et la gestion des flux voyageurs à cette nouvelle configuration constitue un défi opérationnel majeur. La bascule vers un système modernisé suppose une montée en puissance progressive afin de sécuriser la robustesse d’ensemble.
Pierre Sugiton



