Olivier François - Île-de-France Mobilités (3)

Vœux d’Île-de-France Mobilités : dix ans de révolution, une année charnière

15 01 2026 | Actualités

À l’occasion de ses vœux 2026, Valérie Pécresse, présidente de la Île-de-France Mobilités et de la Région Île-de-France, a livré un discours à la fois rétrospectif et résolument tourné vers l’action. Dix ans après son arrivée à la tête de l’autorité organisatrice, l’heure est au bilan d’une transformation profonde des transports franciliens, mais aussi à l’affirmation de nouvelles priorités dans un contexte budgétaire et politique plus contraint

Le constat dressé est sans ambiguïté : en une décennie, plus de 50 milliards d’euros (excusez du peu…) ont été investis pour moderniser le réseau, renouveler massivement le matériel roulant et ouvrir de nouvelles lignes. Résultat revendiqué : deux tiers des Franciliens se déclarent aujourd’hui satisfaits de leurs transports, et la fréquentation a progressé au point de modifier durablement les comportements. La transition écologique est au cœur de ce récit : baisse de 40 % des émissions du trafic routier, flotte de bus verdis à plus de 80 %, montée en puissance du vélo avec Véligo et le réseau Vélo Île-de-France.

Mais le discours ne se limite pas à l’autosatisfaction. Pour 2026, Île-de-France Mobilités affiche une exigence accrue sur la qualité de service, ligne par ligne. Plans de redressement des RER B, D et C, automatisation progressive du métro, renforcement des contrats avec les opérateurs : la mise en concurrence est assumée comme un levier d’amélioration, assorti de bonus-malus plus sévères et d’un pilotage renforcé de la relation client, avec la création d’une direction dédiée.

Trois priorités structurent l’année à venir. D’abord, le « métro et le train pour tous », avec l’accessibilité universelle érigée en grande cause régionale et la création d’un fonds dédié. Ensuite, la mobilité en grande couronne et en ruralité, via de nouveaux plans bus, des cars express, le transport à la demande et un futur service régional d’autopartage. Enfin, la sécurité, présentée comme la première attente des voyageurs : renforcement des effectifs, montée en puissance de la vidéo intelligente et appel clair à l’État pour lever les verrous législatifs.

En filigrane, Valérie Pécresse rappelle que cette ambition suppose un respect strict des engagements financiers de l’État. À défaut, prévient-elle, les équilibres pourraient être remis en cause. Le message est clair : après dix ans de « révolution des transports », 2026 devra être l’année de la consolidation, sous peine de voir la promesse du « meilleur réseau du monde » se heurter aux réalités budgétaires et institutionnelle.

PL

À lire également

Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20, l’ex- train de la discorde, espère-t-on. Initialement prévu pour 2025, il est désormais annoncé sans faute pour 2028. Après une période de rapports tempétueux engendrées par les dérapages du programme, ses...
Le chinois BYD recrute un poids lourd : Stéphane Espinasse, l’ancien big boss d’Iveco, à la manœuvre en Europe
Le constructeur chinois BYD accélère sa stratégie européenne. En confiant les rênes de son activité bus à Stéphane Espinasse, le groupe s’offre un dirigeant expérimenté, fin connaisseur des marchés publics et des opérateurs. Une nomination loin d’être anodine dans un...
Ça tousse un peu au dépot… de bus
En région parisienne, le changement de régime dans la gestion des lignes de bus se poursuit et pas toujours sans créer d’anicroches en coulisse. Le 1er mai, trois nouveaux groupes de lignes ont changé de mains. L’EPIC RATP en a transmis deux à des filiales de RATP Cap...
Comment Italo prépare son débarquement en Allemagne.
Compagnie ferroviaire privée implantée sur le réseau à grande vitesse italien en 2012, Italo se sent désormais à l’étroit dans la Péninsule et prépare son débarquement sur les terres de la Deutsche Bahn mi-2028, première étape d’une stratégie d’internationalisation....