Transdev Sud

Sud rail prend racine chez Transdev Rail sud

28 11 2025 | Actualités

 C’était presque écrit d’avance avec des mots inversés. Sud rail prend solidement racine chez Transdev Rail sud Inter-métropoles (TSRI), exploitant la ligne Nice-Marseille en région Sud. Selon nos informations, le syndicat réalise un score de 46,15 % à l’occasion des premières élections professionnelles organisée du 25 au 27 novembre par la filiale régionale de Transdev qui emploie quelque 200 personnes. Avec 90,4 % de participation, elles ont énormément mobilisé. La CFDT vient en deuxième position avec 28,4%. Suivent la CGT avec 19,53 % puis la CGC avec 9,68 % et enfin l’UNSA avec 0,59%. Petit problème de comptabilisation, l’addition de ces chiffres communiqués officiellement en interne aboutissent à un total de 104,35%…

Opposé à la libéralisation du TER, Sud frôle donc la majorité au sein du Conseil social et économique (CSE) de TRSI.  Elle obtient 4 sièges sur 5 dans le collège ouvrier employés, la CDFT comptant 3 élus sur 5 dans le collège cadre, technicien. C’est avec cette instance que la direction s’apprête à engager les négociations des futurs accords d’entreprise régissant l’organisation du travail et les rémunérations du personnel.

Pour l’instant, comme toutes les filiales mises en place à l’occasion de l’allotissement de lignes TER, l’entreprise fonctionne avec des règles provisoires. Les cheminots transférés de la SNCF conservent leur sac à dos social pendant 15 mois tandis que les embauchés relèvent de la convention collective. Nul doute que Sud et la CGT pèseront de tout leur poids pour obtenir des accords de haut niveau, les écarts de rémunération étant mal vécus.

La campagne menée par les syndicats en amont des élections professionnelles peut expliquer les turbulences traversées par Transdev Rail Sud Inter-métropoles ces dernières semaines, un phénomène qui touche rituellement la SNCF. L’entreprise ferroviaire locale a vécu le 6 novembre sa première grève et des fuites dans la presse – la Provence, bfmtv.com– ont présenté sur la foi d’une note interne une direction en perdition, cinq mois après le démarrage de l’exploitation. En réalité si la DRH est bien repartie au siège du groupe, ce mouvement était prévu selon l’entreprise.

Quant à la directrice générale adjointe de TRSI, son départ ne l’était, mais elle est remplacée par un responsable promu en interne. Reste le cas plus problématique du directeur général de la filiale qui se trouve en arrêt maladie et dont le départ semble très probable. « Tout cela relève de la vie normale d’une entreprise mais écrire cette note aussi précise diffusée à tout le personnel était une connerie » minimise-t-on en interne.

Des articles ont également mis l’accent sur la mauvaise régularité, la Provence allant jusqu’à réaliser ses propres comptages pour affirmer que les chiffres officiels communiqués par le président de la Région (98,67%) et par Transdev – sont bidon. Entre le ressenti des voyageurs et les statistiques, un écart existe car les causes externes – retards liés aux infrastructures – ne sont pas prise en compte dans le comptage contractuel. Par ailleurs depuis fin juin, l’exploitant jongle encore avec les anciennes rames et les nouvelles rames qu’Alstom aura fini de livrer mi-décembre, ce qui ne contribue pas à fluidifier l’exploitation.

Pas facile d’être la première entreprise ferroviaire à remplacer la SNCF sur une ligne régionale. Le moindre raté est scruté et prend une dimension politique en alimentant l’argumentaire des opposants à l’ouverture à la concurrence sur l’échiquier politique et syndical à l’approche des élections municipales et des présidentielles. « La privatisation, c’est l’échec assuré ! Plutôt que d’améliorer le service, elle détruit les conditions de travail, dégrade l’offre pour les usagers, et coûte plus cher à la collectivité » proclame SOS gares, une association qui regroupe en Normandie, des usagers et de syndicats cheminots. Elle appelle à manifester m- décembre à Caen devant le conseil régional qui doit attribuer la gestion de nouvelles lignes TER à des opérateurs. En septembre, la Normandie avait créé un électrochoc en préférant RATP Dev à la SNCF pour l’étoile de Caen. Ce n’est pas le nouveau patron de la SNCF Jean Castex, ancien PDG de la RATP, qui va dissuader ce genre d’initiative.

Alors que son prédécesseur Jean-Pierre Farandou jouait le jeu de l’ouverture, formidable lobbyiste Jean Castex commence distiller l’idée qu’il faudra à un moment changer les régles du jeu. Lors de ses auditions d’intronisation devant le Parlement il  a réclamé un observatoire de la concurrence en posant cette question rhétorique. « Est-ce que c’est mieux, moins bien, est-ce que ça coûte plus cher à l’arrivée, moins cher ? 

Marc Fressoz

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