Jérémy Olivier

Chef de département Transition énergétique chez Ile-de-France Mobilités

Pouvez-vous rappeler le rôle d’Île-de-France Mobilités et ses responsabilités en matière de transition énergétique des transports publics franciliens ?

Jérémy Olivier : En tant qu’autorité organisatrice des mobilités, nous pilotons et finançons l’ensemble des solutions de transports collectifs en Île-de-France. Sous l’impulsion de notre présidente, Valérie Pécresse, nous avons commencé, en 2018, le renouvellement de l’ensemble des 10 500 bus et cars franciliens, soit le programme de renouvellement de la flotte bus le plus ambitieux et rapide d’Europe. Il s’agit d’un investissement nécessaire pour assurer la transition énergétique de nos modes de transports et la décarbonation de la région, mais aussi pour notre souveraineté, puisque nous utilisons les déchets franciliens pour produire du biométhane. Cela nous permet aussi d’être un acteur économique majeur en créant une filière d’emploi non délocalisables.

Quels sont les objectifs de renouvellement du parc de bus à horizon 2026 et 2030, en distinguant les différentes énergies, et quels volumes d’investissement cela représente-t-il ?

L’objectif d’Île-de-France Mobilités est de renouveler notre flotte à horizon 2030 avec des bus électriques ou bioGNV. Pour atteindre cet objectif, nous investissons 5,7 milliards d'euros jusqu'en 2029 pour la conversion des centres opérationnels bus aux nouvelles énergies ainsi que l’achat des bus. Nous avons déjà bien avancé puisque plus de la moitié de notre flotte d’autobus et d’autocars est composée de véhicules propres, soit environ 5 500 véhicules, dont 3 000 au biométhane, 1 200 à l’électrique et 1 300 véhicules hybrides. Par ailleurs, nous expérimentons également l’hydrogène, afin de voir sa viabilité. Pour les prochaines années, nous avons déjà commandé 4 000 véhicules sur la période 2025 à 2028, et nous attendons la livraison de 2200 bus et cars cette année et en 2027.

Pourquoi Île-de-France Mobilités a-t-elle fait du BioGNV une énergie centrale de sa stratégie, et dans quels cas cette solution est-elle privilégiée ?

Notre stratégie est celle d’un mix énergétique, afin de ne pas être dépendant d’une seule et même énergie, ce qui peut être préjudiciable. Notre mix repose sur 70 % de biométhane et 30 % d’électrique. En effet, le biométhane est une énergie éprouvée, moins chère que l’électrique à l’achat, avec la même autonomie que le diesel pour une pollution bien moindre : 80 % des émissions de CO2 et des émissions d’oxydes d’azote 7 fois plus faibles que celles d’un bus diesel. C’est aussi une énergie qui nous permet de développer une filière locale, avec la production du biogaz via le recyclage des déchets franciliens. En convertissant nos bus et cars au biométhane, nous produisons et consommons local, et nous participons à garantir notre souveraineté énergétique. C’est une solution gagnante pour toute la région. Par rapport à l’électrique, le biométhane est utile pour tous types de trajets, là où l’électrique est plus pertinente est pertinente dans les zones résidentielles denses, avec des trajets plus courts.

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