Jean Castex attend la correspondance…

13 06 2025 | Actualités

Jean Castex patiente dans la correspondance entre le métro et les trains. Le président de la République Emmanuel Macron compte bien nommer Jean Castex PDG de la SNCF mais sans doute pas avant la rentrée. Contrairement à ce qu’il jurait en avril devant les administrateurs de la RATP pour démentir les informations de Mobily-Cités, l’actuel patron de la Régie est candidat à la fonction de premier cheminot de France.

« Bien sûr qu’il le veut, il en rêve depuis longtemps » souligne un de ses anciens collaborateurs à Matignon. « Étant donné son statut d’ancien premier ministre, il suffit qu’il demande pour avoir le poste » soulignent deux anciens ministres. Dans quelle monarchie vit-on ?

Mais le processus de nomination traine alors que l’exécutif sait depuis longtemps que Jean-Pierre Farandou qui aura 68 ans le 4 juillet sera atteint par la limite d’âge et doit être remplacé. Techniquement le délai est désormais trop court pour coïncider avec cette date. L’Etat s’apprête donc à prolonger par intérim Jean Pierre Farandou durant l’été, accroissant le malaise des équipes dirigeants de la SNCF. Elles jugent ce flottement dommageable pour le groupe placé face à des enjeux importants (financement, montée de la concurrence etc.). Rappelons que le président de la République voulait virer Jean-Pierre Farandou de façon anticipée après les JO.

Outre le fait qu’Emmanuel Macron a l’habitude de procrastiner, certaines raisons expliquent ce délai. Le PDG de la RATP se trouve dans les dernières négociations du contrat 2025-2029 avec Ile-de-France Mobilités que l’autorité organisatrice entend signer avec lui en vue du conseil d’administration de début juillet. La situation est baroque car l’ex-Premier ministre irait ensuite diriger la SNCF contre laquelle la RATP a concouru frontalement pour lui ravir un contrat de ligne de Francilien. Les deux groupes bataillent aussi en permanance (la SNCF via Keolis) sur des lignes de bus parisiens, en province et sur d’autres continents.

Mais une autre raison inciterait à l’attente. La Haute autorité de la transparence de la vie politique (HATVP) regarde si d’éventuels conflits d’intérêts ne pourraient pas faire obstacle à la nomination de Jean Castex. Cet organisme n’avait pas empêché le parachutage de l’ex-Premier ministre à la RATP. Elle avait défini des gardes fous jugés loufoques par beaucoup. Le dirigeant avait interdiction de prendre son téléphone pour appeler des membres de son ancien gouvernement mais, il avait le droit de répondre à leur appel.

Marc Fressoz

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