Femme sur un quai de gare

À Gare de Val de Fontenay, marcher pour comprendre

19 02 2026 | Actualités

Mardi soir, à la gare de Val de Fontenay, on ne parlait ni horaires ni correspondances. On marchait. Douze femmes, des dirigeants, des agents de sûreté. Et une question simple : que ressent-on, ici, quand on est seule, à la nuit tombée ?

Sous l’impulsion de Île-de-France Mobilités, cette première marche exploratoire conjointe avec RATP et SNCF Voyageurs marque une étape. Non pas une annonce supplémentaire, mais un déplacement du regard. Observer l’éclairage, la lisibilité des cheminements, les angles morts. Écouter surtout. Car les chiffres sont connus : plus d’une Francilienne sur trois déclare avoir subi des violences ou du harcèlement dans l’espace public ; dans les transports, 91 % des victimes de violences sexuelles sont des femmes.

Depuis des années, des moyens ont été engagés : 300 millions d’euros investis annuellement dans la sûreté, plus de 3 000 agents dédiés, 80 000 caméras reliées à un centre de coordination unique en Europe, 6 300 bornes d’appel, le numéro 3117 disponible 24h/24 La technique est là. La présence humaine aussi. Mais le sentiment d’insécurité ne se décrète pas.

La marche exploratoire, née dans les années 2000, repose sur une méthode simple : parcourir un itinéraire prédéfini et interroger l’ambiance d’un lieu. Où se sent-on vulnérable ? Pourquoi ce passage paraît-il anxiogène ? Un miroir d’angle, un éclairage renforcé, une signalétique plus visible peuvent parfois transformer l’expérience. Ce 17 février 2026, l’enjeu était aussi institutionnel : mutualiser les diagnostics entre opérateurs, harmoniser les pratiques, publier les préconisations et s’assurer qu’elles soient suivies d’effet. La sécurité n’est plus seulement une question de moyens, mais de cohérence.

Dans une région où des millions de déplacements rythment chaque journée, la sûreté des femmes devient un indicateur politique autant qu’opérationnel. Marcher, c’est admettre que le transport n’est pas qu’une infrastructure. C’est un espace vécu. Et parfois subi.

À Val de Fontenay, la mobilité ne sera vraiment fluide que lorsqu’elle sera pleinement sereine.

Noémie Rochet

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