L'annonce est passée presque inaperçue. Pourtant, elle pourrait marquer une nouvelle étape dans l'histoire des mobilités françaises. Waymo, la filiale d'Alphabet spécialisée dans les véhicules autonomes, vient de créer Waymo France, une société installée à Paris dont l'objet social ne laisse guère de place au doute : développer des services de transport à la demande reposant sur des véhicules autonomes.
À ce stade, il ne s'agit pas d'un lancement commercial. Mais cette implantation traduit clairement les ambitions européennes du leader mondial du robotaxi, déjà présent dans plusieurs métropoles américaines où plusieurs milliers de véhicules réalisent chaque semaine des centaines de milliers de trajets sans conducteur. Après l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni, la France figure désormais dans sa stratégie d'expansion.
Pour les autorités organisatrices de la mobilité, l'arrivée de Waymo relance un débat qui dépasse largement la seule innovation technologique. Quelle place réserver demain aux services autonomes dans les politiques publiques de déplacement ? Peuvent-ils compléter les réseaux de transport collectif sur les derniers kilomètres, dans les zones peu denses ou lors des dessertes nocturnes, sans concurrencer les transports publics ?
Le cadre réglementaire français autorise déjà des expérimentations de conduite autonome de niveau 4 dans des conditions précises. Entre les tests et une exploitation commerciale à grande échelle, plusieurs étapes restent toutefois à franchir, tant sur les plans juridique que technique.
Une chose est néanmoins acquise : en s'implantant à Paris, Waymo confirme que la bataille mondiale des mobilités autonomes se joue désormais aussi en Europe. Et la France entend manifestement en faire partie.
Pierre Lancien

