RATP Cap Île-de-France à l’assaut du Transilien
Alors que l’ouverture à la concurrence du réseau bus historique touche à son terme, avec un bilan contrasté de huit lots remportés et quatre perdus, RATP Cap Île-de-France se projette désormais vers un nouveau terrain : le ferroviaire francilien. En ligne de mire, les lignes Transilien, dont l’ouverture progressive à la concurrence redessine en profondeur le paysage des mobilités en Île-de-France.
Mobily-Cités : Les lignes ferroviaires franciliennes représentent un enjeu colossal. Quelles sont vos ambitions Olivier Vitkine ?
Olivier Vitkine : Pour RATP Cap, le ferroviaire francilien constitue une priorité stratégique. Ce marché est déterminant pour le développement du groupe en Île-de-France, à l’heure où la fin des monopoles historiques se profile, notamment sur certaines lignes de RER à l’horizon 2040. L’entreprise entend se positionner dès maintenant.
Les appels d’offres en cours sont l’occasion de démontrer sa capacité à améliorer la qualité de service et à proposer une gouvernance renouvelée du système ferroviaire, au service de Île-de-France Mobilités. L’ambition est claire : gagner en réactivité, tirer parti des investissements massifs réalisés sur les infrastructures et replacer le voyageur au cœur du dispositif.
L’expérience récente sur les tram-trains T12 et T13, opérés sur le réseau ferré national, illustre cette volonté d’innovation opérationnelle, notamment dans la gestion des incidents. RATP Cap revendique aujourd’hui les compétences et les moyens nécessaires pour devenir un acteur ferroviaire de référence en Île-de-France, en s’appuyant sur le savoir-faire du groupe, en France comme à l’international.
Le réseau Transilien est réputé pour sa complexité. Comment vous y préparez-vous ?
La réponse tient en trois axes : humain, technique et organisationnel. D’abord, un projet social structurant, conçu pour rassurer les salariés et leur offrir des perspectives durables. Ensuite, une expertise opérationnelle nourrie par l’exploitation quotidienne des lignes de RER parmi les plus fréquentées d’Europe.
L’enjeu est d’apporter davantage de proximité et de réactivité dans l’exploitation. Car si l’incident est inévitable dans un système aussi dense, c’est la capacité à le résoudre rapidement qui fait la différence.
Sur le plan technique, la reprise d’une ligne ferroviaire suppose une transformation simultanée de nombreux systèmes : outils métiers, systèmes d’information, logistique. RATP Cap s’appuie ici sur une expérience déjà significative, notamment l’intégration réussie de milliers d’agents dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des bus franciliens.
Les opérations menées sur les lignes T12 et T13 ont également permis de valider des compétences pointues, notamment en matière de double réglementation ferroviaire. Cette montée en puissance se poursuivra avec d’autres projets, en France et à l’international.
Enfin, le rôle de l’autorité organisatrice est déterminant. La structuration des appels d’offres, la coordination des acteurs et la vision globale du service sont autant de leviers clés. À ce titre, Île-de-France Mobilités apparaît aujourd’hui particulièrement avancée dans le pilotage de cette transformation.
Ce processus d’ouverture à la concurrence est long et semé d’embûches. Comment l’abordez-vous ?
Il serait illusoire d’y voir un processus linéaire. Le ferroviaire s’inscrit dans un temps long, et la transformation d’un monopole historique ne se fait pas sans ajustements.
Pour autant, les progrès sont réels. Les dossiers de consultation gagnent en qualité, les données mises à disposition des candidats sont plus complètes, et les freins identifiés au départ sont progressivement levés. L’expérience acquise sur les premiers lots, notamment les tram-trains, constitue un socle précieux.
RATP Cap adopte une posture à la fois constructive et respectueuse de l’écosystème existant. L’enjeu dépasse les seuls opérateurs : c’est toute la chaîne ferroviaire qui évolue. Dans ce contexte, la priorité reste inchangée : améliorer concrètement le service pour les voyageurs.
Reste un défi majeur : mobiliser les ressources nécessaires dans un environnement concurrentiel élargi, où les opportunités se multiplient, en France comme à l’international. Mais le groupe RATP entend bien capitaliser sur son ingénierie éprouvée et l’engagement de ses équipes pour s’imposer durablement sur ce nouveau terrain.





