Transdev, mieux paré que ses concurrents face au choc pétrolier ?

20 03 2026 | Actualités

Coîncidence, le 19 mars, jour où l’opérateur aux 10,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires présentait ses bons résultats 2025  ( 96 millions de bénéfices et nombreux indicateurs en progrès),  le prix mondial du pétrole connaissait une nouvelle flambée à plus de 100 dollars le baril. La conséquence immédiate de l’endommagement durable d’importants sites de production d’hydrocarbure dans le Golfe persique, un nouveau degré franchi dans la guerre avec l’Iran.

De quoi atténuer un peu l’euphorie de Thierry Mallet le PDG du groupe dont les achats énergétiques représentent 6 % du chiffre d’affaires ? Malgré une électrification progressive des flottes, (3900 véhicules dans 14 pays), le poids du gazole reste écrasant chez l’opérateur. « Nous sommes face à une vraie incertitude quant à l’impact sur notre activité » explique le PDG du groupe. Contrairement aux transporteurs routiers qui subissent du jour au lendemain à la pompe la hausse du prix de gazole, le transport public conventionné bénéficie d’amortisseur dans le cadre des DSP signés avec les élus. « Pour l’instant nous n’avons pas encore de visibilité sur l’évolution des indices, ajoute-t-il. Mais il est certain que les collectivités ont des budgets votés fixes », laissant peu de marge de manœuvre aux clients pour couvrir totalement les hausses. Il faudra négocier.

Certitude, deux principaux cas de figure se présentent. « Aux Etats-Unis, ce sont les élus qui achètent le pétrole et prennent donc en charge la hausse » résume Thierry Mallet. Une bonne nouvelle, s’agissant dans les affaires de Transdev de son pays numéro 2 en termes de chiffre d’affaires ( Transdev y réalise 27,5 % de son CA avec 2,88 milliards d’euros ), en passe de doubler la France (2,9 milliards).

Deuxième grand cas de figure, en Europe les autorités organisatrices couvrent selon des formules différentes d’un pays à l’autre. Seul bémol, la crise énergétique de sortie de Covid a souligné une mauvaise prise en compte des situations exceptionnelles. « L’enjeu est d’arriver à recalibrer les formules qui ne marchent pas » continue le dirigeant. Autre variante, en Australie, c’est l’opérateur Transdev qui acheté l’énergie pour la durée du contrat Yarra.

Pilote des finances du groupe, Marcos Garcia son directeur affaires juridiques, finances, risques laisse filtrer une certaine inquiétude face au choc qui se propage. Transdev jouit d’« une position financière très solide […] mais il ne faut raison garder. Notre marge n’atteint que 0 ,9%, c’est un travail de tous les jours sur la performance opérationnelle pour l’améliorer » déclare-t-il. On comprend que l’objectif de doublement de celle-ci à 2% sera sans doute retardé.

L’opérateur germano-français (filiale à 66 % du groupe Rethmann et à 34 % de la Caisse des dépôts) piloté depuis la France, bénéficie d’une solide assise pour passer la tempête. Il dispose de plus de 2 milliards d’euros de liquidités, d’un actionnaire familial rassurant, continue à investir et s’est refinancé avec une première échéance de 300 millions dans trois ans.

Quoiqu’il en soit, on a beau brasser des milliards, le transport public reste un métier de centimier.

Marc Fressoz

 

 

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