Une nouvelle ère va sans doute s’ouvrir pour le Groupement des autorités responsables des transports (GART) après la défaite au premier tour des municipales le 15 mars de son président Louis Nègre. A Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) l’élu LR a perdu la mairie au profit de Rassemblement national, dont le représentant le député Bryan Masson, 29 ans, s’installe dans le fauteuil de maire avec 50,21% des voix contre 33,7% à son rival.
A 79 ans, l’édile sortant, qui briguait un sixième mandat, n’a pas su préparer sa succession et passer la main à temps. S’il choisit de demeurer au conseil municipal de Cagnes, il peut continuer d’adhérer au GART. Mais ceux-ci peuvent-ils le maintenir à sa présidence ?
Le choix d’un nouveau président offrirait l’opportunité à l’association d’élus de faire évoluer ses revendications, qui ces dernières années n’ont pas convaincu le pouvoir ( Effort fiscal de l’Etat avec une baisse de la TVA à 5,5%, hausse et extension du prélèvement sur les entreprises pour financer un choc d’offre) au profit d’une ligne plus réaliste tenant compte de la situation alarmante des finances publiques « 3500 milliards d’euros de dette » a récemment souligné le ministre des transports Philippe Tabarot.En revanche, deux personnalités du transport proches de Louis Négre ont connu un meilleur sort le 15 mars.
On note la victoire des deux coprésidents du laboratoire d’idées TDIE dont l’élu a partagé les rênes pendant longtemps : Sylvain Laval est repassé haut la main (avec 68,58%) à la mairie de Saint-Martin-Le-Vinoux (Isère) tandis que Jean Pierre-Serrus, le maire sortant de la Roques d’Antheron ( Bouches-du-Rhône) est réélu avec 54,59% des suffrages avec sa liste divers centre.
En Occitanie, Carole Delga la présidente d’une région très engagée dans le développement du rail et la décarbonation des transports, a en revanche connu un avertissement municipal. Elle figurait en cinquième position de la liste du maire sortant de Martres-Tolosane (Haute-Garonne) – une commune dont elle avait été la première édile – et qui a été battue dès le premier tour.
Toujours dans la même région, Patrick Vieu le vice-président albigeois de l’Autorité de régulation des Transports (ART) – dont la fonction arrivera à terme avant l’été – ne parviendra pas à conquérir la mairie de la préfecture du Tarn. La liste divers gauche Tout Albi où il occupait la troisième position n’est arrivée que troisième.
En Auvergne Rhône-Alpes, Jean-Luc Rigaut ancien président du GIE Objectif Transport échoue à retrouver le fauteuil de maire d’Annecy, où l’écologiste qui l’avait battu en 2020 ne se représentait pas. En troisième position avec 21,3%, il s’est désisté
Dans les grandes villes où les transports ont connu des évolutions importantes, on note le cas intéressant de Lyon. Le maire vert Grégory Doucet garde ses chances, sorti finalement premier (37,3%) devant Jean-Michel Aulas (36,7%) candidat de la droite qui caracolait en tête des sondages. En revanche, les écologistes et ses alliés perdront sans doute les commandes des transports, autrement dit du Sytral, du ressort de la Métropole. Pour la première fois, les habitants des 58 communes ont voté directement pour l’élection du président de la métropole et placé la droite en position de force avant le second tour au détriment du sortant Bruno Bernard.
Signalons encore la réélection de l’économiste des transports, Yves Crozet qui va continuer de sa consacrer à son petit village de Saint-Germain-la-Montagne (Loire) aux confins du Beaujolais, de la Bourgogne, et du Roannais. Ex-délégué général de l’UTPF, et ex-DGD chargé des transports à la métropole d’Aix Marseille, Claude Faucher, a de son côté conquis la mairie de Saint-Paul-de-Tartas (Haute-Loire).
A noter pour finir une autre élection, annoncée au lendemain des municipales, celle de l’actuelle déléguée générale de l’UTPF Florence Sautejeau, au poste de…trésorière de l’OPCO Mobilités.
Marc Fressoz



