Après une année 2024 encore fragile, la RATP renoue avec une trajectoire financière plus solide. Les résultats 2025 publiés par le groupe témoignent d’un net redressement, porté à la fois par l’activité du réseau francilien et par la dynamique de ses filiales en France et à l’international.
Le chiffre d’affaires consolidé atteint ainsi 7,9 milliards d’euros, en hausse de 11 % sur un an. Une progression qui repose largement sur la croissance des filiales du groupe, dont l’activité bondit de près de 29 %. Leur contribution représente désormais près d’un tiers des revenus du groupe, confirmant la place de plus en plus centrale de RATP Dev et des activités hors Île-de-France dans la stratégie de développement.
La véritable amélioration se lit toutefois dans la rentabilité. Le résultat opérationnel s’établit à 373 millions d’euros, soit près de 200 millions de mieux qu’en 2024. Quant au résultat net part du groupe, il repasse nettement dans le vert, à 217 millions d’euros, après une perte enregistrée l’année précédente. Un redressement qui traduit la remise à niveau de la rémunération d’exploitation dans le cadre du nouveau contrat avec Île-de-France Mobilités, un haut niveau de production sur les réseaux ainsi que les efforts de productivité engagés ces dernières années.
Dans le même temps, la RATP poursuit un effort d’investissement conséquent. Près de 2 milliards d’euros ont été engagés en 2025, essentiellement pour moderniser les réseaux franciliens. Parmi les chantiers emblématiques figurent le déploiement du nouveau métro MF19, la rénovation des infrastructures du métro et du RER, la transformation du réseau bus ou encore la modernisation des systèmes d’information et d’exploitation.
La situation financière du groupe s’améliore également sur le front de l’endettement. La dette nette recule à 4,9 milliards d’euros, en baisse d’environ 14 % sur un an, grâce notamment à plusieurs cessions d’actifs et au refinancement de certains matériels. Les ratios financiers s’assainissent, signe d’une structure de bilan plus robuste.
Sur le plan environnemental, la RATP poursuit sa trajectoire de décarbonation. Les émissions de gaz à effet de serre ont déjà diminué de 40 % par rapport à 2019, tandis que 75 % des bus exploités en Île-de-France sont désormais électriques, hybrides ou fonctionnant au biométhane.
Pour la direction du groupe, ces résultats constituent un point d’appui stratégique à un moment charnière : l’ouverture à la concurrence du réseau bus francilien, l’arrivée progressive du Grand Paris Express et la montée en puissance des activités internationales. Autrement dit, la RATP se remet en ordre de marche au moment même où son modèle historique entre dans une nouvelle phase de transformation.
PL



