Lille, Toulouse, Rennes : l’âge de maturité des métros automatiques

16 02 2026 | Actualités

À Lille, l’arrivée des rames de 52 mètres marque bien plus qu’un allongement. C’est une mutation du système historique VAL, pionnier mondial du métro automatique dans les années 1980. La Métropole Européenne de Lille a fait le choix délicat de moderniser le pilotage et le matériel roulant sans interrompre l’exploitation.

Résultat : une montée en capacité significative, une exploitation mixte temporaire avec les VAL 208, et un réseau qui entre dans une nouvelle phase de maturité. Mais le défi lillois est typique des “premières générations” : adapter une infrastructure pensée pour des flux des années 1990 à une métropole qui a changé d’échelle.

À Toulouse, la saturation de la ligne A a été traitée différemment : doublement des rames dès les années 2010, puis lancement d’une troisième ligne automatique. Ici, la stratégie n’est pas tant la transformation du système existant que l’addition d’infrastructures nouvelles pour absorber la croissance démographique.

Le modèle toulousain montre qu’un métro automatique peut évoluer par incréments capacitaires et extensions successives, à condition d’anticiper les besoins fonciers et budgétaires.

Rennes, de son côté, a franchi une étape technologique plus radicale avec la ligne B : nouveau système, nouvelles rames, capacité accrue dès la conception. La ligne A, elle, reste un VAL modernisé, créant une coexistence de générations techniques comparable à Lille.

Le pari rennais : intégrer la montée en puissance dès l’ingénierie initiale plutôt que corriger a posteriori.

Lille adapte. Toulouse étend. Rennes renouvelle.

Derrière ces choix, une constante : le métro automatique, longtemps symbole de modernité, atteint aujourd’hui un âge critique. La question n’est plus celle de l’automatisation – acquise – mais celle de la capacité, de la résilience technique et de la compatibilité entre générations de systèmes.

Le véritable enjeu pour les métropoles françaises n’est donc pas seulement d’investir, mais de décider comment faire évoluer un patrimoine technologique devenu structurant.

Noémie Rochet

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