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L’audition de Xavier Piechaczyk révèle les cancres de l’Assemblée

30 01 2026 | Actualités

Candidat reçu mais niveau du jury laissant à désirer. C’est l’un des enseignements intéressants de l’adoubement parlementaire de Xavier Piechaczyk à la fonction de PDG de la RATP.

Aussi au fait de ses dossiers que rugueux et aride par son style, l’ex-président de RTE est donc passé haut la main comme l’avait pronostiqué Mobily-Cités : 58 votes pour, 12 contre et 14 bulletins blanc, sénateurs et députés confondus.

Son audition devant l’Assemblée nationale le 28 janvier a surtout mis en lumière les problèmes de compétence d’une partie des membres de la commission du développement durable. Fait préoccupant, la piètre maîtrise du dossier RATP émane d’examinateurs du jury représentant pourtant l’Ile-de-France, région historique de la Régie.

Le bonnet d’âne revient incontestablement à la députée écologiste de l’Essonne Julie Ozenne. « 12 appels d’offres ont déjà été lancés par la RATP » affirme-t-elle à propos de la fin du monopole des bus à Paris. Comme si l’EPIC pouvait distribuer ses propres lignes à la concurrence…

Elle soupçonne le candidat Piechaczyk de vouloir continuer le « démantèlement» de la RATP ( au contraire, il ne goute guère la libéralisation du marché ) : «Vous avez réaffirmé lors de votre audition au Sénat que vous étiez pour » et demande à celui dont on ne sait pas alors s’il deviendra le patron de la RATP d‘« en dire plus sur la situation financière entraînée par la mise en concurrence par la RATP des bus puis des trams ».

Cette vision à côté de la plaque vaut au candidat de corriger cette examinatrice : « Ce n’est pas le groupe RATP qui met en concurrence, ce sont les autorités organisatrices ». Et d’ajouter :  «Le découpage en 12 lots de l’ancien monopole RATP francilien c’est un choix d’Ile de France Mobilités » et la RATP « répond à ces appels d’offres évidemment. »

Un peu plus tard, la parlementaire perd encore des points sur la question de l’extension de la ligne 18 entre l’aéroport d’Orly et Boissy-Saint-Léger. Suite à l’étude de faisabilité présentée en 2025, « pouvez-vous nous éclairer sur les suites que vous réservez à ce projet dans l’Essonne et le Val-de-Marne ? »

Mise au point du candidat-professeur : « la ligne 18 est, comme toutes les lignes du Grand Paris Express, sous maîtrise d’ouvrage de la Société des grands projets qui en assure [ aussi ] son financement ». Sur l’exploitation, il précise : « Elle a par ailleurs au titre d’un appel d’offres été gagnée pour le morceau qui est déjà construit par la société Keolis. »

Dans le même registre, une autre élue francilienne Maud Petit (Modem) chante les services offerts par la RATP dans son département du Val-de-Marne. « Nous sommes très fiers du premier téléphérique urbain […] qui relie Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Là aussi précision du candidat :« Il s’avère que le vôtre qui est magnifique est exploité par Transdev et ce n’est donc pas le groupe RATP ».

Décidemment la complexité de l’organisation institutionnelle en pleine évolution n’est pas encore bien présente dans tous les esprits. Députée Renaissance du Val-de-Marne, Sandrine Lalanne se plaint de l’expérience de voyage « excusez-moi du terme, mais épouvantable » dû à « l’aménagement intérieur des wagons » et s’enquiert :«  quelle est la stratégie de la RATP pour moderniser l’aménagement de sa flotte de matériel roulant ? ». Nouvelle rectification de l’auditionné : « L’investissement dans le matériel roulant, s’ils peuvent être proposés par le groupe RATP, relève de la décision et du financement d’Ile de France mobilités. »

Bref si une bonne partie des parlementaires n’a pas commis de bourde, on voit que le niveau, comme celui à l’école, n’est pas toujours fameux. Une tendance de fond constatée par les lobbyistes des entreprises ou organisations du secteur.« Beaucoup de députés ne maîtrisent par leur dossier, il faut sans cesse remonter au créneau pour leur faire mesurer les conséquences des lois qu’ils votent » explique l’un d’entre eux. Exemple, la suppression des ZFE ou encore celle de l’AFITF.

Bref au lieu de chahuter, de vous invectiver, de faire des coups médiatiques et de mettre quatre mois à adopter le budget, potassez un peu vos dossiers !

Marc Fressoz

 

 

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