6 ans pour atteindre la gare Sud de France !

22 10 2025 | Actualités

C’est peu dire que ce petit prolongement de 1,2 km était attendu avec impatience. Très exactement depuis la mise en service en 2018 de la gare Sud de France (sur la ligne à grande vitesse Nîmes – Montpellier) située à 6 km du centre-ville. Rapidement, les montpellierains comme certains voyageurs descendant d’un TGV, ont découvert que la nouvelle gare n’avait qu’un seul (gros) défaut, sa desserte. Pour rejoindre le centre historique, ils devaient emprunter un bus de navette qui en 15 minutes les amenait à la station Place de France de la ligne 1 du tramway. Ensuite, il fallait compter de 15 à 20 minutes pour rejoindre l’autre gare Saint-Roch implantée en cœur de ville. Résultat, les habitants de la métropole se sont vite détournés de Sud de France, obligeant la SNCF à maintenir de nombreux TGV sur la ligne classique entre Nîmes et Montpellier. Si la Picardie a sa gare des betteraves, (TGV Haute Picardie) Montpellier s’en est découvert une dans la garrigue, comme si aucun de ses promoteurs n’avait mesuré son éloignement. Alors que les circulations ferroviaires sont progressivement montées en puissance, les difficultés d’accès (entre l’absence de tramway et des voies routières saturées) sont devenues plus criantes encore. Mais comment prolonger un tramway à 25 M€ du km pour seulement huit trains par jour (à la mise en service en 2018) ? Pas de trains donc pas de tramways. Pas de tramways donc pas de trains. Un cercle vicieux qui a pris fin le 18 octobre avec l’ouverture du prolongement de la ligne 1 entre Odysséum et Sud de France. La nouvelle section qui met fin à l’isolement de la gare, permet également la desserte du nouveau quartier Cambacérès en cours d’aménagement. Le 20 décembre prochain, en parallèle à la mise en service de la ligne 5 de tramway, un nouveau bus 15 établira une desserte fine depuis le terminus de Sud de France le long du tram, avec un arrêt intermédiaire devant le très fréquenté lycée Pierre Mendès France. Seul bémol peut-être à ce prolongement, le nouveau terminus du tramway n’est pas implanté sur l’esplanade de la gare, où un emplacement lui était réservé, mais une centaine de mètres plus loin, pour permettre notamment l’installation de voies de retournement en arrière station. Avec cette mise en service, le réseau de tramway gagne en cohérence et permet la liaison entre les deux gares en 20 minutes, facilitant les correspondances, en particulier pour les trains terminus à Sud de France comme certains Ouigo depuis Paris. Cette liaison qui facilite l’accès à la gare pourrait également permettre à la SNCF d’augmenter le nombre de trains sur la ligne à grande vitesse en libérant des sillons pour les TER sur la voie classique. De quoi réconcilier les montpelliérains avec leur nouvelle gare.

Philippe-Enrico Attal

À lire également

SGP : Une fin d’été sous pression…

SGP : Une fin d’été sous pression…

Le président de la Société des Grands Projets, (SGP) Jean-François Monteils et sa garde rapprochée vivent une fin d’été sous pression. Ils doivent dissiper les doutes qui s’accumulent, faisant...

Appel à compétence portant sur le dispositif BML

Dans le cadre de la Loi d’Orientation des Mobilités, les territoires sont encouragés à développer des solutions numériques intégrées permettant d’améliorer l’expérience de déplacement des voyageurs. Ces dispositifs, communément désignés sous l’appellation Mobility as...

Grisel prend les commandes de cinq Traverses parisiennes

À compter du 1er octobre 2026, Grisel prendra les commandes des cinq Traverses de Paris. Un marché qui permet à l’entreprise de transport de voyageurs de prendre pied sur un réseau de proximité très particulier de la capitale, jusqu’alors exploité pour quatre lignes...

Bus et cars : le point sur les immatriculations 2026

À deux tiers de l’année, la CSIAM dresse un premier bilan du marché français des autobus et des autocars. La Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle, qui représente notamment les constructeurs internationaux de véhicules industriels présents...

Bluebus baisse pavillon face à l’offensive chinoise…

C’est un nouveau signal d’alarme pour l’industrie française du transport. Le groupe Bolloré envisage d’arrêter définitivement la production des autobus électriques Bluebus, lancée en 2011 à Ergué-Gabéric, près de Quimper. Une procédure d’information-consultation a été...