SERM: Toulouse ouvre le bal des candidatures

24 01 2024 | Actualités

«Nous voulons offrir plus de trains, plus et plus tard dans la journée, avec une optimisation de l’intermodalité.» Pour Carole Delga, le développement d’un Service express régional métropolitain (SERM) dans l’aire urbaine toulousaine répond à une évidente nécessité. Toulouse est attractive, et accueille 20.000 nouveaux habitants chaque année. Conséquence sur les mobilités: 7.000 véhicules supplémentaires par an, et une saturation croissante des axes routiers, qui pourrait atteindre 160% en 2030.

La présidente de la Région Occitanie a présenté officiellement la candidature de Toulouse aux cotés de Jean-Luc Moudenc, président de la métropole, et de Sébastien Vincini, président du conseil départemental de Haute-Garonne. Ce premier dossier à être proposé à l’Etat dans le cadre de la loi sur les Services express métropolitains n’a pas été ficelé en hâte, prévient Jean-Luc Moudenc: «Nous nous questionnons depuis 2015 sur le développement de l’étoile ferroviaire et des trains de proximité. A Toulouse, nous avons d’ailleurs intégré cette articulation dans notre projet de 3e ligne de métro, qui aura trois stations-gares en correspondance avec le réseau TER. Le train permet d’aller chercher des usagers à 30, 40, ou même 50 km du cœur de ville, et répond aux attentes de nos concitoyens pour des transports décarbonés.» Un objectif partagé par Sébastien Vincini, qui rappelle que le département, même privé de compétence transport, investit dans les réseaux cyclables et les modes routiers partagés: «D’ici à 2027, tous les Hauts-Garonnais se trouveront à moins d’un quart d’heure d’une aire de covoiturage.»

Unis pour soutenir le projet de SERM, les élus locaux le sont aussi pour réclamer davantage de moyens à l’Etat. Le besoin d’investissement du SERM toulousain est en effet chiffré à 3,6 Md€ d’ici à 2040 dont près de 350 M€ pour la désaturation de la gare de Toulouse-Matabiau, et 492 M€ pour le matériel roulant. Quant au fonctionnement, il nécessitera 113 M€ par an à terme. Le projet s’appuie également sur l’arrivée de la LGV Bordeaux-Toulouse, et prévoit une étape intermédiaire en 2032, avec 35% de trains supplémentaires et la mise en place d’une offre de cars à haut niveau de service.

«Les 700 M€ annoncés par le Président de la république pour l’ensemble des projets à l’échelle nationale ne sont qu’un «début d’amorçage budgétaire», selon Carole Delga, qui attend des solutions de financements en subventions, en fiscalité et en portage. En ligne de mire, la généralisation du déplafonnement du versement mobilité, demandé par l’association France urbaine, dont Jean-Luc Moudenc est vice-président. «Le passage du VM de 2 à 2,95% nous rapporterait 140 M€ de recettes annuelles», indique Sébastien Vincini. Carole Delga y ajoute une ressource fléchée à mettre en place après la fin des concessions autoroutières, et pose aussi la question de la durée des emprunts, car le plan de financement n’est pas le même si l’on doit rembourser en 20, 30 ou 40 ans. Suite à la déclaration de candidature du 24 janvier, le dossier du SERM toulousain sera complété d’ici au printemps, puis déposé officiellement avant l’été, comme le prévoit la loi, la conférence nationale de financement des SERM étant fixée au 30 juin. D’ici là, les outils proposés par l’Etat et par la désormais Société des grands projets (SGP, ex-Société du Grand Paris) devraient être connus.

Sandrine Garnier

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