Douze jours après le déclenchement du conflit qui embrase une partie du Moyen-Orient, le voyagiste finistérien Salaün Holidays annonce avoir réussi à rapatrier l’ensemble de ses clients présents dans la région. Au total, près de 200 voyageurs ont été concernés par ces opérations d’urgence menées depuis la fin février. Les derniers vacanciers sont rentrés en France lundi, après un passage par Dubaï puis par le Japon, conséquence directe des contraintes techniques imposées par les fermetures d’espaces aériens.
Basée à Pont-de-Buis dans le Finistère, l’entreprise spécialisée dans les circuits touristiques s’est immédiatement mobilisée lorsque la situation sécuritaire s’est dégradée. Dès le 28 février, les équipes ont activé leur cellule de crise afin d’identifier les vols maintenus et de coordonner les retours avec leurs partenaires locaux. Guides, agences réceptives et fournisseurs sur place ont été sollicités pour accompagner les voyageurs dans des itinéraires souvent détournés.
« Les 200 clients sont aujourd’hui arrivés à bon port », assure Jacques Calvez, directeur des réservations et des opérations chez Salaün Holidays. Dans certains cas, les vacanciers ont dû patienter plusieurs jours dans les pays de transit, le temps que des solutions de transport se débloquent. « Il a fallu rassurer les groupes, expliquer la situation et maintenir un contact permanent avec nos équipes sur le terrain », poursuit-il.
Si aucun client ne se trouvait dans une zone de combat directe, la fermeture brutale de plusieurs couloirs aériens a rapidement compliqué les itinéraires de retour. Les équipes de Salaün Holidays ont alors multiplié les ajustements logistiques afin d’éviter toute situation de blocage prolongé.
Cette gestion de crise intervient alors que l’entreprise dispose déjà d’une solide expérience dans ce domaine. L’agence avait notamment dû faire face à plusieurs situations similaires ces dernières années, liées notamment à l’éruption volcanique en Islande, au conflit en Ukraine ou encore aux tensions en Israël.
Une fois la situation sécurisée, l’attention du voyagiste se porte désormais sur les conséquences économiques du conflit. L’évolution des prix du pétrole, particulièrement sensible dans le transport aérien, pourrait avoir un impact sur le coût des voyages dans les mois à venir. « On ne connaît pas encore précisément l’ampleur des hausses, mais il est évident que les fluctuations du pétrole finiront par se répercuter sur les tarifs », observe Jacques Calvez.
Après l’urgence logistique, l’heure est donc désormais à la vigilance économique pour le secteur du tourisme.
André Lancien, Envoyé spécial en Bretagne



