martin Sion

Martin Sion en orbite autour d’Alstom

10 10 2025 | Actualités

Le patron de la fusée Ariane placé en orbite autour d’Alstom. Martin Sion, président exécutif d’ArianeGroup a été choisi le 8 octobre par les actionnaires du constructeur ferroviaire pour remplacer Henri Poupart-Lafarge comme directeur général à partir du 1er avril 2026.

« Nous estimons que M. Martin Sion possède l’expérience nécessaire pour diriger Alstom » a déclaré Philippe Petitcolin, président du conseil d’administration d’Alstom, lui-même issu de l’aéronautique.

« C’est très positif d’avoir un dirigeant ayant fait sa carrière chez un acteur majeur du secteur et qui apportera une nouvelle façon de faire » commente un connaisseur du dossier. Entré chez Safran en 1990, ce centralien y est resté jusqu’en 2023, année où il prend la tête d’ArianeGroupe filiale de Safran et d’Airbus.

A l’époque la mise au point de la dernière version du lanceur connait alors des déboires. « Aujourd’hui, Ariane 6 est certifiée, elle vole et les vols sont à l’heure. Il n’y est pas pour rien » continue cette source soulignant l’« approche très industrielle, très projet et très axée sur la tenue des délais » du futur numéro 2.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le profil de Bernard Sion a convaincu le noyau dur d’actionnaires (Caisse de dépôt et de placement du Québec, Causeway, Bpifrance etc.) d’Alstom.

L’accumulation de retards enregistrés avec certains programmes (TGV M, RER B, métro de Lille etc.) très consommateurs de cash a placé le n°2 mondial de l’industrie ferroviaire dans une passe financière très difficile. Pourtant le carnet de commande atteint un niveau exceptionnel de 100 milliards d’euro, une performance à mettre au crédit de la direction actuelle. 

Toutefois, Henri Poupart-Lafarge se trouve fragilisé depuis l’annonce en octobre 2023 d’une trésorerie à sec ayant entrainé une chute de l’action de 37 %. Rétrogradé de PDG à DG en 2024 après le recrutement d’un président, Philippe Petitcolin, son remplacement était dont les tuyaux malgré le récit officiel de l’entreprise.

Dirigeant historique depuis une douzaine d’années, il se voyait aller jusqu’au bout de son mandat au printemps 2027. Mais les actionnaires ont souhaité tourner la page. Ils doivent toutefois patienter six mois le temps que Martin Sion termine le sien en laissant le temps à ArianeGroup de lui trouver un successeur.

Marc Fressoz

 

 

 

À lire également

Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20, l’ex- train de la discorde, espère-t-on. Initialement prévu pour 2025, il est désormais annoncé sans faute pour 2028. Après une période de rapports tempétueux engendrées par les dérapages du programme, ses...
Le chinois BYD recrute un poids lourd : Stéphane Espinasse, l’ancien big boss d’Iveco, à la manœuvre en Europe
Le constructeur chinois BYD accélère sa stratégie européenne. En confiant les rênes de son activité bus à Stéphane Espinasse, le groupe s’offre un dirigeant expérimenté, fin connaisseur des marchés publics et des opérateurs. Une nomination loin d’être anodine dans un...
Ça tousse un peu au dépot… de bus
En région parisienne, le changement de régime dans la gestion des lignes de bus se poursuit et pas toujours sans créer d’anicroches en coulisse. Le 1er mai, trois nouveaux groupes de lignes ont changé de mains. L’EPIC RATP en a transmis deux à des filiales de RATP Cap...
Comment Italo prépare son débarquement en Allemagne.
Compagnie ferroviaire privée implantée sur le réseau à grande vitesse italien en 2012, Italo se sent désormais à l’étroit dans la Péninsule et prépare son débarquement sur les terres de la Deutsche Bahn mi-2028, première étape d’une stratégie d’internationalisation....