Les dessertes en navettes autonomes jugées bénéfiques par une majorité de Français

25 03 2024 | Actualités

Près d’un Français sur deux considère que sa manière de se déplacer n’est pas en adéquation avec une mobilité durable et écologique, et 24% aimeraient utiliser plus souvent les transports en commun (en hausse de 4 points par rapport à l’année précédente). Cette 4e édition du baromètre Macif Vedecom de la mobilité automatisée reflète la préoccupation grandissante de nos concitoyens pour l’empreinte écologique de leurs déplacements, mais aussi et surtout leur souci d’en réduire le coût. «Avec la hausse des prix et la montée des préoccupations écologiques, la voiture individuelle commence à être perçue comme une contrainte. Il nous faut désormais repenser les mobilités, à travers notamment le partage des véhicules, des nouveaux moyens de locomotion plus légers et moins voraces en énergie, du transport à la demande et la facilitation des déplacements multimodaux», indique Eric Lebeau, directeur général de l’institut Vedecom.

Toutefois, ce regain d’intérêt des Français pour les transports en commun se heurte à l’insuffisance de l’offre. Parmi ceux qui les utilisent, 40% déclarent devoir renoncer à certains déplacements en raison du manque de solutions pour arriver à destination. Cette situation se produit a minima une fois par mois pour plus de la moitié d’entre eux, notamment pour des raisons d’horaires (44%), de fréquence de transport (42%) ou l’absence d’un arrêt à proximité du lieu d’arrivée (41%). Territorialement, il existe également une fracture entre les grandes agglomérations et les zones rurales: si près d’un répondant sur deux déclare ne pas avoir le choix dans sa façon de se déplacer, ce taux atteint près de 80% chez les habitants de zones rurales dont la mobilité est dépendante du véhicule personnel. La mobilité automatisée peut-elle constituer une solution dans ce contexte? «La stratégie nationale sur la mobilité routière automatisée et connectée table sur le déploiement de 100 à 500 services de transports automatisés de voyageurs sans opérateur à bord d’ici 2030, une ambition forte au service de la mobilité pour tous, l’autonomie pour tous sur tous les territoires, à condition qu’elle soit accompagnée d’expérimentations et beaucoup de pédagogie», précise Nicolas Marescaux, directeur adjoint Réponses Besoins Sociétaires & Innovation à la Macif.

3 Français sur 4 considèrent qu’une navette automatisée serait pertinente pour la création de nouvelles dessertes, de dessertes au sein de grands sites ou de dessertes renforcées (par exemple, la nuit). D’autres types de services sont jugés utiles, que ce soit une desserte pour le premier ou dernier kilomètre (64%), une desserte temporaire (62%) ou encore le remplacement d’une ligne existante (60%). 74% des personnes interrogées jugent pertinent d’utiliser d’anciennes lignes ferroviaires pour y installer un service de navette automatisée. «La Macif est déjà très engagée dans le développement de solutions autour d’une navette automatisée dans les zones périurbaines et rurales. Nous pensons qu’il faut mettre l’innovation au service du bien commun pour répondre aux besoins de mobilité de tous les Français», souligne Nathalie Irisson, direction Réponses Besoins Sociétaires et Innovation à la Macif. L’assureur fait en effet partie du consortium lauréat du projet RIMA, qui vise à expérimenter une navette rurale dans le Val de Crest (Drôme), avec Gama (ex-Navya), Beti et Vinci Construction.

S. G. 

À lire également

Concurrence : l’ART redoute une «quasi-absence d’ouverture du marché» sur le TER
Saisie par l’Autorité de la concurrence (ADLC) en décembre dernier, l’Autorité de régulation des transports (ART) a rendu un avis plutôt mitigé sur la situation du secteur des transports terrestres de personnes. La démarche de l’ADLC vise à faire le bilan sur les...
Résultats: retour dans le vert pour Transdev en 2022
7,7 Md€ de chiffre d’affaires (en hausse de 10%) et un résultat net de 20 M€. En dépit des tensions sur l’énergie, qui ont pesé pour 82 M€, et sur les recrutements, les incertitudes liées à la crise sanitaire ont disparu: Transdev est revenu en positif en 2022, après...
Véhicules lourds: les constructeurs européens publient un Manifeste pour réussir la décarbonation
Pas de Green Deal sans les bus et les camions. Pour atteindre les objectifs européens de neutralité carbone en 2050, les constructeurs réunis au sein de l’ACEA renouvellent leurs demandes de soutien à l’achat des véhicules et au déploiement d’infrastructures de charge...
Déjà championne du covoiturage, l’Essonne subventionne les moins de 25 ans
Les certificats d’économie d’énergie (CEE) doivent-ils servir à financer des politiques de mobilité ? L’enquête publiée dans le Monde du 6 avril soulève des questions au sujet du dispositif des Primes énergie, créé en 2006 par la loi de Programmation fixant les...
Ferroviaire : « une politique de l’Etat illisible », selon la Fnaut
«Ce n’est pas au passager de payer l’entretien du réseau ferroviaire, c’est au contribuable comme c’est le cas partout en Europe», explique François Delétraz à Mobily-Cités le 10 avril 2024. Le nouveau président de la Fnaut rappelle que l’Etat finance bien l’entretien...
Van Hool en faillite, VDL intéressé par la reprise
L’entreprise Van Hool est officiellement en faillite depuis le 8 avril, ainsi que la holding familiale qui contrôle le constructeur belge. Après trois exercices consécutifs dans le rouge, le plan de sauvetage n’a pas pu être mené à bien, en raison des difficultés...