Première ligne du Grand Paris Express à ouvrir au public, la 18 achève ses aménagements sur fond d’ultimes essais
Il y avait un petit air d’inauguration à la station Polytechnique de la ligne 18. Avec Jean-François Monteils le président de la SGP, Bernard Cathelain membre du directoire, Valérie Pécresse à la tête d’IDFM ou Laurent Probst son directeur, entourés des élus et des techniciens, on aurait pu se croire à quelques heures d’une mise en service. Pourtant, la ligne n’ouvrira pas au mieux avant l’automne prochain. Là, il s’agissait plutôt de venir inspecter l’avancement des travaux, et de s’assurer que tout sera prêt dans les délais. La station Polytechnique, l’une des 4 de la première section livrée entre Massy-Palaiseau et Christ de Saclay, permet déjà d’apprécier la qualité architecturale de la nouvelle ligne, ici en viaduc. L’ouvrage, léger et transparent, traverse d’ailleurs la station avec élégance. Le vaste hall ouvert de part en part, distribue les deux directions accessibles par une passerelle intermédiaire, à l’image des stations du métro aérien historique. Au niveau des quais, c’est la lumière qui est privilégiée, avec un toit incliné qui ouvre l’espace, plutôt que de l’écraser. A l’arrivée des visiteurs sur le quai direction Saclay, une des dix rames, (la dernière livrée ce jeudi) est venue se ranger le long des portes palières qui protègeront les voyageurs durant les marches automatiques. A bord là encore, la lumière est rassurante, apportant un confort supplémentaire, augmenté par des sièges moins rigides que ceux du métro parisien MF19. Tout le long des trois voitures, des écrans dynamiques se multiplient pour informer les voyageurs. La mise en service est attendue pour l’automne, après le transfert de la SGP à IDFM, qui en confiera la gestion à RATP Infra et l’exploitation à Keolis. Reste que des rumeurs de retard circulent largement, qui reporterait la mise en service de plusieurs mois. Une hypothèse réfutée du côté de la SGP qui insiste pour maintenir son calendrier, nuançant simplement entre octobre ou novembre pour une date d’ouverture après une (longue) marche à blanc de 2 mois. Si le système de pilotage automatique fournit par Alstom a permis d’éviter les difficultés rencontrées sur la ligne 15, les exemples sur d’autres réseaux permettent tout de même de soulever quelques réserves. Le chef de projet Vianney Elzière assure que les retours d’expérience en France à Lille ou encore à l’étranger, protègent la 18 de fâcheux contre-temps.
L’objectif est sans doute d’éviter le contre-exemple de Montréal et son Réseau Express Métropolitain. Exploité avec des rames Métropolis Alstom et des automatismes du même constructeur, (exactement comme la ligne 18), les pannes à répétition ont largement entamé la crédibilité du nouveau réseau.
Philippe-Enrico Attal



