Entre promesses ferroviaires, projets de métro et débats autour des infrastructures lourdes, le car express, lui, poursuit sa montée en puissance en Île-de-France. À Évry-Courcouronnes, l’inauguration de la nouvelle ligne 7711 reliant Fontainebleau-Avon au pôle universitaire et économique d’Évry rappelle une réalité oubliée : en grande couronne, la mobilité du quotidien passe aussi — et parfois surtout — par la route…
Pensée comme une liaison rapide entre deux bassins de vie majeurs du sud francilien, cette nouvelle ligne opérée par Transdev reliera Fontainebleau, le Pays de Bière et le secteur de Ponthierry au cœur d’Évry-Courcouronnes en seulement 55 minutes. Un temps de parcours qui change sensiblement la donne pour de nombreux habitants contraints jusqu’ici à multiplier les correspondances ferroviaires ou à utiliser leur voiture.
Avec cette nouvelle liaison, Île-de-France Mobilités poursuit surtout une stratégie désormais assumée : faire du car express un véritable outil d’aménagement territorial. Derrière cette ligne 7711 se dessine en réalité une philosophie plus large portée par Valérie Pécresse et François Durovray : reconnecter les territoires périphériques aux grands bassins d’emploi sans attendre les calendriers parfois interminables des grands projets ferroviaires.
La recette est désormais bien identifiée. Des cars confortables, une desserte limitée aux principaux pôles, une utilisation des grands axes autoroutiers et des correspondances optimisées avec les réseaux ferrés existants. Ici, la ligne connectera le RER D, le T12 ainsi que la ligne R, créant une colonne vertébrale de mobilité entre l’Essonne et la Seine-et-Marne.
Le choix du bioGNV n’est évidemment pas anodin. Les véhicules neufs financés intégralement par Île-de-France Mobilités à hauteur de 2,6 millions d’euros traduisent aussi la volonté de verdir progressivement les dessertes routières régionales. Climatisation, prises USB, accessibilité PMR, espace renforcé entre les sièges : le car express tente désormais de s’éloigner de l’image du simple transport interurbain pour se rapprocher des standards de confort du ferroviaire.
Avec son schéma directeur des lignes express, Île-de-France Mobilités veut doubler le nombre de lignes d’ici 2030 pour atteindre 97 liaisons structurantes. Un programme massif représentant près d’un milliard d’euros d’investissement sur dix ans.
Car pendant que les regards restent souvent braqués sur le Grand Paris Express, une autre révolution des mobilités est peut-être déjà en train de circuler sur l’autoroute A6.



