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Au Pays basque, le torchon brûle entre Ratp Dev et Txik & Txak…

02 04 2026 | Actualités

Les discussions sont bien engagées entre le Syndicat des mobilités Pays Basque-Adour et RATP Dev pour une sortie anticipée de la DSP du réseau Txik Txak. Selon plusieurs sources locales, l’hypothèse actuellement étudiée serait une fin de contrat dès fin 2027, au lieu de l’échéance initiale fixée à 2032. La DSP concernée porte sur le littoral basque, c’est-à-dire les réseaux Txik Txak Nord, Txik Txak Sud – hors lignes 45, 47 et 49 ainsi que la ligne 3 Car Express.

Le syndicat des mobilités explique que l’exploitant lui-même a demandé à ouvrir ces discussions, estimant que « les conditions dans lesquelles elle exploite actuellement le service » et les contraintes économiques rencontrées ne permettent plus d’envisager sereinement la poursuite du contrat.

Le sujet semble assez sensible politiquement car cette DSP était emblématique : elle avait été attribuée à RATP Dev au printemps 2024 pour un montant de près de 389 millions d’euros et devait durer 8 ans et 4 mois à compter du 1er septembre 2024.

Pour l’instant, le Syndicat des mobilités assure qu’il n’y aura aucun impact immédiat pour les voyageurs ni pour les salariés. Les services continueraient à fonctionner normalement, quelle que soit l’issue des discussions. Les futurs élus du comité syndical devront toutefois arbitrer sur la suite : maintien de l’opérateur avec renégociation, résiliation anticipée ou nouvel appel d’offres.

Depuis 2022-2023, de nombreuses DSP de transport public ont été remportées sur des hypothèses de croissance de fréquentation, de productivité et de stabilisation des coûts qui se révèlent aujourd’hui trop optimistes.

Dans le cas du Pays basque, RATP Dev a remporté le contrat en promettant une réorganisation ambitieuse du réseau et une hausse de l’offre kilométrique d’environ 20 %. Derrière cette promesse, il fallait davantage de véhicules, davantage de conducteurs, plus d’amplitude horaire et une production accrue sur un territoire déjà très tendu en matière de circulation, de saisonnalité touristique et de recrutement.

Le problème est que les coûts ont continué à grimper plus vite que prévu. Les charges de personnel restent le premier poste de dépense des exploitants. Or les salaires dans le transport ont fortement progressé ces dernières années sous l’effet des difficultés de recrutement, des négociations sociales et des mesures destinées à fidéliser les conducteurs. Le salaire moyen dans le secteur des transports a progressé de plus de 6 % en 2023 et les coûts de conduite continuent encore d’augmenter en 2025 et 2026.

À cela s’ajoutent les dépenses de maintenance, les assurances, les coûts énergétiques, le prix des pièces détachées et les investissements liés à la transition énergétique. Même lorsque les prix du carburant se stabilisent, les coûts hors carburant poursuivent leur hausse, avec près de 7,7 % d’inflation cumulée sur deux ans.

Le cas basque est d’autant plus révélateur que le territoire a simultanément demandé davantage de service. Dès janvier 2025, le réseau Txik Txak a connu un véritable « choc d’offre » avec près de 30 % de service supplémentaire et une extension à l’ensemble des 161 communes du territoire. Les kilomètres commerciaux sont passés d’environ 9 à 12 millions par an.

Sur le papier, davantage d’offre doit permettre de gagner des voyageurs et donc des recettes. C’est d’ailleurs ce qui semble s’être produit puisque le réseau a transporté 14 millions de voyageurs en 2025, soit une hausse de 12 %. Mais cette croissance de fréquentation ne suffit pas toujours à absorber la hausse des coûts, surtout dans un modèle où les recettes voyageurs ne couvrent qu’une faible partie des dépenses réelles d’exploitation.

Cet épisode basque, révèle en effet que beaucoup de DSP signées avant la vague inflationniste arrivent aujourd’hui à un point de tension. Des contrats jugés compétitifs au départ deviennent fragiles lorsque les hypothèses de coûts de personnel, de maintenance ou de transition énergétique dérapent. La Chambre régionale des comptes a par exemple montré que le coût net du réseau d’Orléans Métropole avait augmenté de 12 % entre 2019 et 2022, sous l’effet combiné de l’inflation, des restructurations de réseau et des choix de verdissement de flotte.

En filigrane, cela pose une question très politique pour les AOM : faut-il continuer à attribuer des DSP sur des prix extrêmement serrés pour faire jouer la concurrence, au risque de voir les contrats se dégrader trois ans plus tard ? Ou accepter des contrats plus chers dès le départ, mais plus solides économiquement et plus réalistes sur la durée ?

To be or not to be...

Pierre Lancien

 

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Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier.

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares.

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

 

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Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier. 

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Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL