Dans la métropole de Lille, une trentaine de capteurs installés chez des habitants permettent désormais d’analyser en temps réel le trafic de leur rue. Déployé à l’initiative d’acteurs associatifs, ce dispositif repose sur la technologie Telraam, développée en Belgique, qui mesure la répartition des flux entre voitures, vélos et piétons, ainsi que les vitesses de déplacement.
Concrètement, les boîtiers sont placés derrière une fenêtre, orientés vers la chaussée. Ils détectent les objets en mouvement, en analysent la forme et la vitesse, puis transmettent des données agrégées vers un serveur central. Aucune image n’est stockée ni transmise : le système repose exclusivement sur des données chiffrées, traitées dans le respect des règles de confidentialité.
À Lille, le projet est porté par l’ADAV, qui y voit un outil complémentaire aux dispositifs de comptage existants. Là où les capteurs fixes ou les enquêtes ponctuelles offrent une photographie à un instant donné, ces capteurs citoyens permettent une observation continue des usages, selon les horaires, les jours de la semaine ou les périodes de travaux.
Les installations ciblent des axes jugés stratégiques, notamment des rues ayant fait l’objet d’aménagements récents ou appelées à évoluer. L’objectif est d’évaluer concrètement l’impact des politiques de mobilité : création de pistes cyclables, apaisement de la circulation, limitation des vitesses ou rééquilibrage du partage de la voirie.
Les données recueillies sont accessibles publiquement et peuvent être mobilisées par les collectivités, les associations ou les habitants. Elles constituent un appui à la décision pour objectiver les débats, comparer les situations avant et après travaux, et ajuster les aménagements en fonction des usages réels observés.
Avec ces capteurs installés au plus près du terrain, la métropole lilloise se dote ainsi d’un outil souple et peu coûteux pour mieux comprendre les mobilités du quotidien et suivre, dans le temps, l’évolution des pratiques de déplacement.
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