ZFE, un recours qui pourrait tout changer

07 03 2025 | Actualités

Est-ce déjà la fin des ZFE, zones à faibles émissions, mises en place dans les grandes métropoles françaises ? La mesure destinée à améliorer la qualité de l’air des secteurs les plus exposés à la pollution, ne génère-t-elle pas au final plus de désagréments que d’avantage. L’exclusion des véhicules sur des critères basés sur leur motorisation pourrait en effet apparaître judicieuse si elle ne créait au final, une discrimination entre les citoyens pouvant s’offrir une voiture récente et ceux contraints de conserver leur vieille guimbarde pour des raisons économiques. D’autant que le marché se régule déjà en partie par le biais du contrôle technique, qui se charge d’éliminer les automobiles ne répondant pas à un minimum de critères de sécurité comme de pollution.

Face aux ambiguïtés d’un texte qui frappe les plus démunis, certains élus, à l’image de Michael Delafosse à Montpellier, instaurent la ZFE (en conformité avec la loi) en omettant volontairement les moyens de contrôle et de sanction.

Et quand les élus ne sont pas impliqués, ce sont les associations, comme à Rouen, qui prennent le relais. La Fédération des équipementiers et distributeurs automobiles et 40 millions d’automobilistes, ont assigné la métropole de Rouen au tribunal administratif en avril 2023, contre l’instauration de la ZFE au 1er septembre 2022. Compte tenu des délais de justice, c’est ce jeudi 6 mars que le tribunal administratif a examiné l’affaire.

L’objectif est faire annuler l’interdiction qui frappe les véhicules Crit’air 4 et 5 (et non classés), de circuler dans les communes concernées en dehors des horaires autorisés (soir et week-end). Si l’affaire se termine au tribunal, c’est que la métropole a rejeté en février 2023, les arguments avancés par les associations.

Le jugement rendu par le tribunal sera donc examiné avec soin, et pourrait bien avoir des conséquences pour les 25 ZFE en vigueur à travers le pays. En cas d’annulation, les recours pourraient pleuvoir et mettre à mal tout le dispositif. Reste que généralement, les juges administratifs évaluent les conséquences de leur décisions au-delà de l’affaire en cours, parfaitement conscients des risques de jurisprudence.

Pierre Lancien

 

À lire également

Transdev fait du muscle avant de monter sur le ring…

Plusieurs informations concordantes indiquent que l'opérateur renforce actuellement ses équipes spécialisées dans le ferroviaire francilien afin de se positionner sur les prochains appels d'offres d'Île-de-France Mobilités. L'enjeu est considérable. Après les...

Île-de-France Mobilités prépare l’ouverture à la concurrence des tramways

D'ici à 2030, Île-de-France Mobilités devra attribuer sous forme de délégations de service public l'exploitation des lignes actuellement exploitées de gré à gré par la RATP. Pour préparer cette échéance, l'autorité organisatrice a arrêté un découpage en trois lots...

BPC, Blaise Pascal Conseils…

Retour en 1662. À cette époque, Blaise Pascal n'est pas seulement le génie des mathématiques, le philosophe des Pensées ou l'inventeur de la machine à calculer. Visionnaire, ce dernier, s'intéresse aussi à un sujet autrement plus concret : les déplacements des...

Jean Castex et son cabinet placent SNCF Voyageurs sous leur coupe en écartant Christophe Fanichet

Jean Castex et son cabinet placent SNCF Voyageurs sous leur coupe en écartant Christophe Fanichet, le PDG de cette filiale essentielle, au profit d’un duo venu de l’interne. Mais pour quoi faire ? La fonction de PDG est scindée en deux. Le puissant directeur financier...