À l’occasion de ses vœux 2026, Valérie Pécresse, présidente de la Île-de-France Mobilités et de la Région Île-de-France, a livré un discours à la fois rétrospectif et résolument tourné vers l’action. Dix ans après son arrivée à la tête de l’autorité organisatrice, l’heure est au bilan d’une transformation profonde des transports franciliens, mais aussi à l’affirmation de nouvelles priorités dans un contexte budgétaire et politique plus contraint
Le constat dressé est sans ambiguïté : en une décennie, plus de 50 milliards d’euros (excusez du peu…) ont été investis pour moderniser le réseau, renouveler massivement le matériel roulant et ouvrir de nouvelles lignes. Résultat revendiqué : deux tiers des Franciliens se déclarent aujourd’hui satisfaits de leurs transports, et la fréquentation a progressé au point de modifier durablement les comportements. La transition écologique est au cœur de ce récit : baisse de 40 % des émissions du trafic routier, flotte de bus verdis à plus de 80 %, montée en puissance du vélo avec Véligo et le réseau Vélo Île-de-France.
Mais le discours ne se limite pas à l’autosatisfaction. Pour 2026, Île-de-France Mobilités affiche une exigence accrue sur la qualité de service, ligne par ligne. Plans de redressement des RER B, D et C, automatisation progressive du métro, renforcement des contrats avec les opérateurs : la mise en concurrence est assumée comme un levier d’amélioration, assorti de bonus-malus plus sévères et d’un pilotage renforcé de la relation client, avec la création d’une direction dédiée.
Trois priorités structurent l’année à venir. D’abord, le « métro et le train pour tous », avec l’accessibilité universelle érigée en grande cause régionale et la création d’un fonds dédié. Ensuite, la mobilité en grande couronne et en ruralité, via de nouveaux plans bus, des cars express, le transport à la demande et un futur service régional d’autopartage. Enfin, la sécurité, présentée comme la première attente des voyageurs : renforcement des effectifs, montée en puissance de la vidéo intelligente et appel clair à l’État pour lever les verrous législatifs.
En filigrane, Valérie Pécresse rappelle que cette ambition suppose un respect strict des engagements financiers de l’État. À défaut, prévient-elle, les équilibres pourraient être remis en cause. Le message est clair : après dix ans de « révolution des transports », 2026 devra être l’année de la consolidation, sous peine de voir la promesse du « meilleur réseau du monde » se heurter aux réalités budgétaires et institutionnelle.
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