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Romain Borini
Président de l'entreprise Autocar Borini

« Une vision durable du transport routier de voyageurs »

Depuis sa fondation en 1969 par Rémy et Auguste Borini, l’entreprise familiale Autocar Borini a toujours su s’adapter aux besoins de mobilité dans la région de Megève, tout en restant fidèle à ses valeurs de proximité. Aujourd’hui, l’entreprise, désormais dirigée par la nouvelle génération avec Romain Borini à sa tête, poursuit son développement tout en intégrant les enjeux de transition énergétique.

 

Mobily-Cités : Quelles sont les principales stratégies que vous avez mises en place pour réduire l’empreinte carbone de votre flotte d’autocars ?

Romain Borini : Depuis plusieurs années, nous avons adopté des mesures concrètes pour réduire notre consommation énergétique. La génération précédente avait déjà compris l’importance de consommer moins, mais nous pensons qu’il est maintenant essentiel de produire nous-mêmes notre énergie propre. Nous avons ainsi investi dans des ombrières photovoltaïques pour produire de l’électricité et nous travaillons depuis 7 ans sur la production de biométhane. Malheureusement, nous faisons face à des obstacles politiques dans la mise en place de méthaniseurs. Cependant, nous utilisons déjà des autocars fonctionnant au BioGNV (Gaz Naturel Véhicule) avec un taux de 100 %, alors que la loi nous impose seulement 30 %.

 

Pensez-vous que votre production d’électricité suffira à alimenter votre parc ?

Aujourd’hui, notre production d’électricité couvre les besoins de notre flotte, qui comprend plusieurs véhicules légers (VL) et des véhicules de transport de 9 à 22 places. Nous avons également trois autobus électriques en service. Pour le moment, notre production est suffisante, mais nous restons vigilants face à l’évolution de nos besoins.

 

Quelle est votre position sur l’utilisation du rétrofit pour convertir des véhicules diesel en électriques ?

Nous n’avons pas encore fait ce choix pour nos véhicules, mais c’est une solution que nous envisageons sérieusement, notamment pour les véhicules de transport scolaire. Avec l’évolution des technologies et la baisse des coûts de fabrication des véhicules électriques, le rétrofit devrait rester compétitif sur le marché.

Comment la transition énergétique affecte-t-elle les coûts d’exploitation de votre entreprise ?

Il est évident que les coûts d’investissement sont plus élevés, mais sur le long terme, ces technologies sont plus rentables. Par exemple, les véhicules électriques ont une durée de vie plus longue et nécessitent moins d’entretien, ce qui réduit les coûts sur plusieurs années. De plus, les appels d’offres publics sur des durées plus longues, de 7 à 8 ans, nous permettent d’amortir ces investissements.

 

Avez-vous bénéficié de soutiens publics ou d’incitations fiscales pour accélérer cette transition ?

Nous bénéficions principalement d’aménagements fiscaux, notamment en termes d’amortissement des véhicules. Cependant, il n’y a pas de subventions directes pour notre transition énergétique. Nous restons compétitifs grâce aux appels d’offres publics qui valorisent de plus en plus la durabilité des entreprises de transport.

 

Quelle place imaginez-vous pour l’autocar dans le futur ?

L’autocar va jouer un rôle central dans la mobilité de demain, notamment avec le développement des services express régionaux et métropolitains. En plus d’être un moyen de transport écologique, il réduit la pollution sonore et rapproche les gens dans un monde de plus en plus digitalisé.

 

Propos recueillis par Pierre Lancien

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