Philippe Tabarot place les infrastructures au cœur de la souveraineté

16 04 2026 | Actualités

Avant même l’examen de son projet de loi devant les parlementaires, le ministre des Transports, Philippe Tabarot a choisi de donner le ton. Et le ton est grave. Pas de promesse spectaculaire ni de grands projets emblématiques, mais un constat : les infrastructures françaises vieillissent, se fragilisent, et avec elles la capacité du pays à tenir ensemble ses territoires.

Dans son intervention préparatoire, le ministre décrit des réseaux qui constituent « le patrimoine commun de tous les Français », mais dont l’usure menace désormais le fonctionnement quotidien. Le ferroviaire est particulièrement visé. Avec un âge moyen de 30 ans, contre 15 ans en Suisse, le réseau français accumule un retard préoccupant. Pour Philippe Tabarot, continuer à repousser les investissements reviendrait à accepter demain davantage de retards, de pannes et de fermetures de lignes.

Le ministre martèle une idée simple : différer l’entretien n’est jamais une économie. « Reporter l’entretien des infrastructures n’est jamais une économie. C’est une dette », explique-t-il, en estimant qu’un euro non investi aujourd’hui pourrait coûter deux fois plus demain.

Mais au-delà de la technique, Philippe Tabarot cherche aussi à donner une dimension politique et sociale au sujet. Selon lui, la mobilité est devenue « la grande fracture de notre temps ». Un Français sur trois aurait déjà renoncé à une opportunité professionnelle faute de solution de transport adaptée. Derrière ce chiffre, le ministre dessine une France à deux vitesses : d’un côté les métropoles bien connectées, de l’autre les territoires périphériques ou ruraux qui se sentent peu à peu relégués.

Cette rhétorique n’est pas anodine. Elle permet au Gouvernement de justifier une future loi de programmation sur les infrastructures en liant la question des transports à celle de la cohésion nationale. « Nos infrastructures de transport sont un attribut de souveraineté », affirme encore Philippe Tabarot. Dans un contexte international instable, le ministre veut faire des réseaux un enjeu de résilience économique, industrielle et territoriale.

Reste désormais à convaincre les parlementaires. Car derrière les grands principes se cache une question beaucoup plus délicate : où trouver les milliards nécessaires pour financer la régénération des réseaux sans alourdir encore davantage la dette publique ? Les réponse se trouvent certainement dans le projet loi... Aux parlementaires maintenants de prendre leurs responsabilités.

PL

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