En Île-de-France, il subsiste encore une singularité ferroviaire : la branche Meaux – La Ferté-Milon de la ligne P demeure la seule section du réseau Transilien non électrifiée. Une anomalie que Valérie Pécresse promet de corriger d’ici 2030. Mais en attendant cette échéance, Île-de-France Mobilités a choisi une voie plus pragmatique : moderniser les trains diesel existants pour améliorer le quotidien des voyageurs.
La première rame AGC entièrement rénovée circule désormais sur cette branche de Seine-et-Marne. D’ici à 2030, les douze rames dédiées à cet axe bénéficieront du même traitement. Une opération de « mi-vie » qui vise à prolonger leur durée d’exploitation de quinze à vingt années supplémentaires tout en renforçant leur confort, leur fiabilité et leur accessibilité.
Pour Valérie Pécresse, ce choix n’est pas contradictoire avec l’objectif d’électrification. « En 2026, des trains roulent encore au diesel ? Oui, mais nous les modernisons ! » insiste la présidente de la Région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités. Après l’électrification de l’axe Gretz-Provins en 2022, qui avait permis l’arrivée de matériels neufs, la branche Meaux – La Ferté-Milon doit constituer la prochaine étape à l’horizon 2030.
En attendant, les voyageurs verront rapidement la différence. Les AGC rénovés bénéficient de nouveaux sièges, d’un éclairage LED, de sanitaires modernisés, d’espaces vélos et d’une nouvelle ambiance intérieure. Les dispositifs de vidéoprotection ont été remis à niveau, tout comme les systèmes de fermeture des portes et de rétrovision. L’accessibilité a également été renforcée avec des bandes de vigilance sur les seuils, des boutons en relief pour les malvoyants et des équipements spécifiques pour les voyageurs en fauteuil roulant.
Au-delà du confort, cette rénovation traduit aussi une évolution de la stratégie d’Île-de-France Mobilités. Face aux délais industriels et aux coûts d’électrification, l’autorité organisatrice assume une logique de transition progressive : prolonger la vie des matériels existants tout en préparant leur remplacement. Le programme représente un investissement de 55 millions d’euros et est réalisé par SNCF Voyageurs et sa filiale MASTERIS au Technicentre industriel Nevers-Languedoc.
Pour les habitants de Seine-et-Marne, souvent parmi les voyageurs les plus éloignés de Paris, cette modernisation constitue surtout une amélioration concrète du quotidien. En attendant la caténaire, les trains diesel veulent au moins cesser de donner l’impression d’un autre âge.
Pierre Lancien



